TsotsiC'est l'histoire d'un jeune homme de 19 ans ayant grandi dans les rues de Soweto en Afrique du Sud. Il se fait appeler "Tsotsi", traduction: voyou. La première scène du film est une partie de dés. Elle permet d'introduire l'un des messages marquants du film: la vie est un long chemin au tracé aléatoire.
Tsotsi est un jeune délinquant, "the little gangster", qui, pour gagner son sou quotidien, triche, vole, chaque soir. Tsotsi a la rage, la haine même, on ne sait pas vraiment pourquoi. Un soir, avec son gang formé de ses trois amis, il ira même jusqu'à tuer.
Puis son portrait se précise. Il a dû longtemps supporter un père buveur et violent, une barrière entre lui et sa mère gravement malade, une barrière aussi entre lui et son chien que le père paralysera à coups de pied. La barrière est trop lourde, elle lui a fait perdre deux êtres qu'il aime. Il décide de fuir... loin. Il a alors environ huit ans, son vrai prénom: David.
Un événement va faire basculer la vie du délinquant: le vol d'une voiture. Larcin routinier jusqu'à ce qu'il se rende compte que dans la voiture volée se trouve un bébé de trois mois. La fuite d'abord à pieds puis en voiture trouve son point d'arrivée. Il décide de prendre en charge le bébé kidnappé et de l'aimer, de le faire sien.
Là commence une métamorphose de Tsotsi, qui prend la forme d'une thérapie pour ce jeune David. Il voit en l'enfant une manière de lui donner la chance qu'il n'a pas eue, une façon pour lui de recommencer sa vie. Il donne au bébé son propre prénom: David.
Mais les ennuis se poursuivent, les parents du bébé sont déterminés à le retrouver, Tsotsi lui déterminé à le garder.

Le film est poignant. Chacune des scènes est brillament tournée, les dialogues parfaitement mesurés. Les acteurs parlent dans leur patois local, le Tsotsitaal, et ajoutent ainsi à l'authenticité du film. Maternité, enfance, délinquance, honneur, respect, autant de notions "dépoussiérées" par le film. D'une histoire simple, le réalisateur, Gavin Hood, est parvenu à susciter l'émotion. Jusqu'au choix des morceaux de kwaito qui composent la bande originale. Je pense que c'est ce qu'on attend d'un grand film. Pas de doute, Tsotsi en est un.
Pour finir, mon coup de coeur du film: ces scènes où Tsotsi porte ce bébé qu'il chérit dans un sac où il est imprimé: "expect more".