THE BLOG

"La moralité de l'art consiste à utiliser de façon parfaite un moyen imparfait." Sir Henry Wotton dans "Le portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde

30 juin 2007

Omalicha Nwa

Omalicha Nwa: c'est le petit nom par lequel un pote Nigérian m'appelle. Cela fait un an maintenant, et à sa façon enjouée de prononcer ces deux mots chaque fois que je le rencontre, je suppose qu'ils suggèrent beaucoup d'affection. Je ne sais pas pourquoi, ce n'est qu'aujourd'hui que j'en cherche la signification. La voici en anglais: "Omalicha Nwa in the Igbo language is a "pet name" which may mean the beautiful one or a beautiful child. Beauty in this sense does not only refer to outward beauty but also inner beauty, it is a phrase which may generally be used to adulate someone (usually a woman)." Donc pas seulement la beauté extérieure mais aussi la beauté intérieure. Je m'en vois très flattée en effet.
Merci à cet ami.

Posté par Tchim à 13:41 - Divers chez TCHIM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


20 avril 2007

Virginia Tech - Interdit aux moins de 122 ans

122 ans, c'est le nombre d'années vécues par l'Homme jamais dépassé, selon les sources officielles.

Je lisais un article dans Le Monde hier relatant le drame de Virginia Tech, cette université américaine où 32 étudiants ont trouvé la mort. En bas de l'article, une vidéo était disponible permettant de voir et entendre la confession du meurtrier ainsi que les théories façonnant son mobile. Le choc. Je n'ai pas cliqué sur "lecture", j'avais trop peur des horreurs que j'allais entendre.

...

Cette boulimie du direct et de l'interactif nous contamine tant est si bien que même les journalistes les plus respectables y perdent leur lucidité. Je suis choquée d'avoir cette liberté en deux clics d'accéder à la vidéo tournée par le meurtrier. Pour moi, une telle vidéo est plus censurable que le plus obscène des films d'horreur. Cette vidéo n'est pas une fiction, mais un fait réel, elle n'est pas une simulation, mais une véritable profession, ni non plus un loisir d'amateur, mais une vocation. De quel droit Le Monde autorise-t-il mon petit frère de 13 ans à y accéder ? S'il me pose des questions sur cette vidéo et sa signification, dites moi ce que je vais bien pouvoir lui répondre?

Sans me méprendre, je pense, je vois déjà la réaction de certains jeunes: "Waouh, t'as vu comment il a fait ça? T'as vu comment il tient son flingue? Regarde, je te montre comment il a fait. Il a fait comme ça." Une réaction en fait trempée d'innocense. Pour eux, c'est tellement vrai, 100 fois plus réel que dans les films d'actions, 10000 fois plus réel que dans les jeux vidéo. Je ne crois pas en la capacité des plus jeunes à faire la distinction entre la fiction et le réel, pas quand la limite est si trouble, pas quand la mise en scène médiatique et la bande annonce cinéma se confondent.

La vague de pendaison de jeunes garçons ayant suivi celle de Saddam Hussein l'atteste. Les images relevant à la fois du cruel et du spectaculaire sont susceptibles de troubler les repères moraux chez les plus jeunes. Et qu'on m'épargne ces excuses visant bien trop vite à soupçonner chez ceux-ci des antécédents psychologiques instables. C'est fuir le problème de façon lâche et inconsidérée. De nos jours l'encadrement des jeunes est une gymnastique quotidienne de haut niveau, d'autant plus avec cette profusion effrénée des pseudo-médias en tout genre, tous plus rapides les uns que les autres - et en l'occurrence archétype si bien érigé de notre société ultra-individualiste.

Je fais partie de ceux qui pensent que le journalisme traditionnel, y compris sous ses formes numériques, est l'exemple. ll est professionnel, renseigné, spécialiste et expérimenté. Par conséquent, quand je constate une bourde du genre de celle faite par Le Monde hier, ça me "chiffonne". Journalisme et Papier à scandales sont deux choses différentes. Informer et divertir de même. Certes l'information doit être attractive et surtout fidèle, mais elle doit également être instructive, pour ne pas dire éducatrice. Cette vidéo va dans le sens inverse de la vocation que je me représente du journalisme. Et pour tout autre media qui s'y serait prêté, elle va à l'encontre de la portée éducatrice que se veut fondamentalement tout type d'information.

Les frontières de l'éthique peuvent glisser, les mentalités peuvent évoluer. Malgré tout, il reste forcément un seuil à ne pas dépasser. Peut-être celui-ci peut-il être mieux défini par le message que l'on veut transmettre aux jeunes et par la manière de s'y prendre.

Posté par Tchim à 23:59 - Divers chez TCHIM - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 avril 2007

Friendship always

Par la force de récents événements, cette étoffe de la première version que j'avais publiée sur ce blog.

"Le malheur a cela de bon qu'il vous apprend à connaître vos vrais amis." Honoré de Balzac

"Un ami chantera de bon coeur avec toi quand tu seras heureux et marchera silencieusement à tes cotés quand tu seras dans la peine." Anonyme

"L'amitié, ce n'est pas être avec ses amis quand ils ont raison, c'est être avec eux même quand ils ont tort." André Malraux

"On ne se fait pas des amis, on les reconnaît." Paterson

"N'amplifiez jamais vos défauts, vos amis s'en chargent." Talleyrand

"Un ami, c'est quelqu'un qui vous connait bien, mais qui vous aime quand même." Hervé Lauwick

"Ton amitié m'a souvent fait souffrir. Sois mon ennemi au nom de l'amitié." William Blake

"Un ami est une personne devant laquelle on peut penser à voix haute." Emerson

"Les petits présents entretiennent l'amitié." Anonyme

"La véritable amitié grandit lentement et doit traverser et surmonter des épreuves avant de mériter son appellation." George Washington

"L'amitié c'est comme la santé, on n'en connaît la vraie valeur que quand on la perd." Charles Caleb Colton

"L'amitié finit parfois en amour, mais rarement l'amour en amitié." Charles Caleb Colton

"Bénis soient nos ennemis qui nous disent la vérité tandis que nos amis nous flattent." Anonyme

"Certaines personnes préfèrent se faire des ennemis que des amis car c'est moins de souci." Anonyme

"Un véritable ami vous réchauffe par sa présence, vous confie ses secrets et pense à vous dans ses prières." Anonyme

"On est rarement maître de se faire aimer, on l'est toujours de se faire estimer." Fontenelle

"Un homme ne peut avoir meilleur épitaphe que celle qui est gravée dans le coeur de ses amis." Anonyme

"Les mêmes souffrances unissent mille fois plus que les mêmes joies." Anonyme

"Amitié qui finit n'avait point commencé." Publius Syrus

"On ne pardonne pas à son ami ses erreurs, on ne les excuse pas non plus. On les comprend." Philippe Soupault

"L'amitié c'est la fidélité, et si on me demandait "qu'est-ce que la fidélité ?" Je répondrais c'est l'amitié." Julio Iglesias

"La grande différence entre l'amour et l'amitié, c'est qu'il ne peut y avoir d'amitié sans réciprocité." Michel Tournier

"L'enseignement, c'est une forme d'amitié." Jules Michelet

"Il ne faut pas confondre amitié et besoin de confidences." Erik Orsenna

"L'amour est aveugle tandis que l'amitié se contente de fermer les yeux." Otto von Bismark

Posté par Tchim à 21:04 - Divers chez TCHIM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 février 2007

Networking

Il y a quelques mois, j'assistais à une conférence lors de laquelle je fis la connaissance de ce cadre très bavard qui venait de monter sa propre boîte. Son business consistait en gros à mettre en relation des gens par l'intermédiaire de sa plateforme internet. Il m'avait tendue sa carte m'expliquant qu'il fallait que je me rende sur son site pour m'inscrire, cela me permettrait de parler à des gens, de faire du networking. Pour lui, le networking était l'avenir, il était nécessaire de se mettre en relation avec des gens. A sa façon de me présenter la chose, j'étais fort perplexe et pour ne rien vous cacher, je trouvais sa démarche vile et son marketing incompétent si bien que la seule rencontre avec cet homme m'avait amené à détester le concept de networking. Dans sa tirade ne manquait plus que le slogan "le networking pour le networking" et c'en était cuit pour de bon.

Pourtant, et heureusement, c'est à une remarquable session sur le networking que j'ai assisté hier lors d'un petit meeting organisé par mon association. Cela ne fait pas longtemps que je suis membre de celle-ci, et bizarrement, avant le rendez-vous d'hier, je ne m'étais pas rendue compte qu'elle accordait une telle importance au networking.
Cet anglicisme que je ne trouve décidément pas très sexy, nous avons tenté de le questionner, de le définir et de le retourner dans tous les sens, afin que tous puissent ressortir avec une idée mûre de sa définition et que chacun puisse également en forger son idée personnelle, relative à ses besoins.

Pour donner une définition simple du networking, et en copiant sur un dictionnaire, je dirais qu'il est le fait de se constituer un réseau de relation, et de savoir en tirer partie notamment dans un but professionnel. Bien souvent, avant la rencontre d'hier, l'idée de networking m'a mise mal à l'aise dans le sens où j'ai toujours pensé que la démarche ne peut pas être désintéressée; et aux premiers abords la définition que je viens de donner confirme mon soupçon quant au caractère intéressé et que je qualifie même d'opportuniste de la démarche du networking. En effet, cela m'agace de penser que des gens font la rencontre d'autres personnes dans le but de tirer un avantage personnel avant même que de simplement jouir et profiter de la présence d'éventuels amis.

Pourtant les animateurs de la réunion d'hier ont bien voulu donner au concept une autre dimension, celle de l'échange. Pour les membres, sans trop s'attacher à l'aspect intéressé, il faut plutôt considérer le rapport donnant donnant que comporte la notion de networking. En faisant partie d'un réseau et en construisant ce que les membres aimaient appeler sa toile, le networker X peut apporter à une connaissance Y un certain nombre d'opportunités qui n'auraient pas existé sans le tissage de ce lien. De la même manière, le networker Y peut plus tard rétribuer cette opportunité en en apportant une autre, bénéfique pour le networker X.
Le "plus tard" que j'ai énoncé ici n'est pas anodin, car en effet il est primordial que le networker soit conscient que les bénéfices supposés du networking ne répondent à aucune contrainte de temps. Ces bénéfices sont des opportunités avec tout ce qu'elles comportent de chance et de hasard. Il est donc inutile et propice au fourvoiement que d'escompter d'une démarche de networking un quelconque bénéfice immédiat.

Néanmoins, tout cela ne m'enlève pas l'idée que le networking reste un marketing de sa personne au sein d'un groupe. Tu te présentes, prends soin que les personnes se souviennent de toi grâce à des mots clefs soigneusement choisis et que tu accentues à l'envi (un peu comme ces gros stickers sur les panneaux publicitaires), afin que ces mots clefs, s'ils sont prononcés dans un autre cadre, fassent directement écho dans la mémoire de tes networkers qui feront ainsi le lien avec toi. Décidément, je trouve toute cela d'un manque d'éthique grossier. Il parait, d'ailleurs, que c'est pour cela que le concept n'est pas réputé en France comme il l'est en Angleterre ou aux Etats-Unis. Du coup, à ceux qui me présentent le networking pour le seul amour du networking, je les considère assez hypocrites dans la mesure où j'estime que le networking ne peut être qu'un moyen et non une fin. Pour être en phase avec la notion, je pense sincèrement qu'il faut aller jusqu'au bout de celle-ci et ne pas craindre de la considérer intéressée. Une petite dose de scrupule en moins et le tour est quasiment joué.

Et oui, quasiment, car néanmoins pour que le networking fonctionne, il lui faut un réseau viable capable de générer ces connexions qui le rendront profitable. Or, je me suis rendue compte que le réseau pour être viable avait besoin d'un dénominateur commun permettant aux networkers du groupe de se reconnaître comme membres du même réseau et permettant également de susciter un niveau d'émulation critique chez un nombre critique de membres. Pour donner un exemple, dans une rencontre organisée d'amateurs de cinéma, la connexion entre un simple amateur de cinéma et un metteur en scène de films à succès sera sans doute plus faillible que la connexion entre deux metteurs en scène. Le lien de soudure du réseau a donc intérêt à être solide afin que le réseau s'entretienne.

Enfin, une autre chose que j'ai apprise lors de cette réunion, c'est que selon certaines expériences, je n'ai en moyenne que six degrés de connaissances qui me séparent de n'importe quelle autre personne sur cette planète. Autrement dit, si je suis A, pour connaître autrui s'appelant G, il me suffit en moyenne de connaître B, qui lui-même connaîtra C, qui lui-même connaîtra D, qui lui-même connaîtra E, qui lui-même connaîtra F, qui lui-même connaîtra G. C'est ce qu'on appelle la théorie des six degrés de séparation, elle même très fortement liée, à ce sentiment que l'on a parfois que le monde est petit. Il me semble d'ailleurs qu'il y a des théories qui tendent à démontrer qu'avec le développement des outils internet ces six degrés de séparation sont réduits. C'est en outre ce genre de phénomène qui fait le bonheur des créateurs et diffuseurs de virus internet. 

Bref, cette session de "déshabillage" de la notion de networking fut très intéressante et riche en enseignements.

Posté par Tchim à 01:40 - Divers chez TCHIM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 janvier 2007

Camden Town

Ca commence par une foule immense pour cette rue si ordinaire. Des passants de tous âges, de toutes nationalités. Plus que de l'anglais, c'est du français que je distingue ça et là, à se croire en plein Paris. Plus je m'insère dans la rue, plus le visage de celle-ci se dessine. Un peu de poussière, un goût de délabré, mais surtout un alignement de dizaines de petits magasins vendant des produits dits "techno". Bien que je ne me sois jamais identifiée à la mouvance de ce courant musical, l'endroit commence à me plaire. Des chapeaux, des écharpes, des tops, des collants, des boucles d'oreilles, tous frappés d'un style à part. C'est techno mais sans l'être. Je corrige: C'est techno mais ça me plaît. Je continue la ballade, tout à coup, ça devient reggae, ou plutôt ça se mélange, années 70 et années 80 se superposent. Bonnets, sacs, pantalons, colliers, le mélange les imprègne tous. Un sentiment de sérénité m'emballe. Je partage les témoignages d'admiration des autres passants. Ces témoignages ne sont pas dits, ils sont surtout vécus, sur les visages, sur les lèvres, dans les yeux. Ces yeux, ce sont les miens, je suis charmée.
Camden Town, c'est ce quartier à Londres dont le marché du samedi est si réputé pour ces babioles à caractère iconoclaste que l'on y trouve. Mais c'est aussi ce quartier où tu contemples la différence, où tu t'habilles pour être différent. Ca n'a pas besoin de la mode moutonnière dictée par Oxford Street, ni de la cherté et des paillettes de Regent Street. C'est simplement créatif, artistique et donc unique. Ca sent fort le non vendu, le fin de soldes, le récupéré. On a presque peur de repartir avec une fringue sentant la cigarette ou plus, mais ça reste précieux, ça donne l'illusion que nulle part ailleurs on n'aurait pu dénicher un top aussi funky, un sac aussi décalé.
L'extrémité de la rue est habitée par Camden Lock, cet autre marché couvert, où là les babioles sont distinguées et tout aussi précieuses. Je prends une grosse bouffée d'air. Il n'y a pas à dire, je me sens bien: Kenya, Bengladesh, Chili, ils sont tous réunis. Je m'achète un épi de maïs à rogner chaud et tendre, je contemple ces savons fabriqués à la main, aux senteurs encore inconnues, je consulte pour la quinzième fois mon porte-monnaie. Puis je souris, cet endroit est manifestement irrésistible.
Plus tard, je retourne vers le marché d'habits, un top me plait, une jupe aussi. J'engage donc la discussion avec le vendeur. Là, une autre sensation curieuse : c'est à une vraie leçon sur la loi de l'offre et de la demande, que j'assiste. Les rudiments de cette loi, pourtant si basiques, c'est ici-même que je les retrouve. Les bancs de l'école sur lesquels j'apprenais le modèle de diffusion de Bass sont à présent inoccupés, je les ai quittés, et suis revenue aux préliminaires, ici à Camden Town. J'apprends donc, je négocie, je ruse.
Quelques heures plus tard, je plie mes babioles très précautionneusement pour les ranger dans mon armoire toujours avec ce sourire intérieur traduisant ma pleine satisfaction.

Posté par Tchim à 15:48 - Divers chez TCHIM - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 janvier 2007

Windows Vista

Le nouveau système d'exploitation Windows Vista développé par Microsoft va sortir à la fin de ce mois. J'ai pu voir aujourd'hui une video donnant un aperçu des fonctionnalités que ce nouveau pack propose. Pas la peine de vous dire que l'outil en jette un max!
Au lien suivant, vous avez déjà quelques présentations des caractéristiques de Vista:
http://www.microsoft.com/france/windowsvista/fonctionnalites/default.mspx.

Je ne sais pas si c'est le cas pour vous, mais j'ai malheureusement appris que parce que mon PC avait plus d'un an, je ne pourrai pas bénéficier de la mise à jour automatique Windows. Reste donc à savoir le prix, afin que je me procure l'outil. De plus, à Vista correspondra le Pack Office 2007, lui aussi avec des fonctionnalités toutes nouvelles et pour ainsi dire futuristes.
Vista a un degré d'interactivité tellement élevé que je crois que j'en suis tombée amoureuse!

Du coup, je me rends compte que dans certaines situations, le compte en banque c'est comme un père de famille. Si tu es gentil avec lui, il te fera plaisir et te laissera sortir. Ici en l'occurence, sortir de l'argent. Donc bon, on va faire la gentille fille quelques temps, obéir à son compte en banque, et puis au bon moment, on lui demandera. Si je m'y prends bien, ça devrait marcher.

Sortie prévue le 30 janvier prochain. Soyez prêts!

Posté par Tchim à 01:09 - Divers chez TCHIM - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Entre nous, Français.

Vendredi 5 janvier, 18h - Locaux de l'entreprise, à mon bureau

"Alors et toi, pourquoi tu es à Londres?
Il est français d'origine algérienne. Il répond:
- Et bien, quand j'ai terminé mes études, je voulais avoir une expérience à l'étranger.
- Oui, moi c'est pareil.
- Je trouve que c'est pas mal Londres, il y a beaucoup d'opportunités.
- Oui, tu as raison.
- Et puis, bon, c'est quand même plus facile de trouver ici qu'en France...
D'ordinaire si neutre et innocent, mon collègue parvient à échanger un coin de regard puis ajoute: "On se comprend."
Je lui réponds, avec la même malice: "Tout à fait."

Lundi 8 janvier, 12h20 - Pizza Hut

"Et vous, cela fait combien de temps que vous êtes ici?
Le manager du restaurant me répond:
- Moi? si vous saviez! Cela fait maintenant 18 ans.
- 18 ans? Waouh, ce que c'est long! C'est donc comme votre 2è... 3è patrie?
- Oui c'est bien ça.
Il ne prend pas la peine de me préciser le rang. J'avais saisi le message en gros.
- Vous êtes donc d'où à l'origine?
- Moi, je suis marocain, me répond-il, fier.
Il poursuit: "Je trouve qu'on se sent bien ici. Les gens ne nous embêtent pas. Tu peux bosser, qui que tu sois. C'est pour ça que j'aime bien ici. En France, on n'est pas les bienvenus.
- Oui, c'est vrai, acquiesçai-je, compréhensive.

Mardi 9 janvier, 13h30 - Coin pause dans les locaux de l'entreprise

Elle est espagnole de par son père, italienne de par sa mère, française de sol et de vécu. Elle a quitté la France à 24 ans, pour voir le monde, l'Inde d'abord, puis les Pays-Bas et enfin l'Angleterre.
"Je ne comprends pas, me dit-elle, ce que tous les Français dans la boîte, ont à se plaindre que la France leur manque.
- Moi, lui répondis-je, je t'avouerai que je rentre dans le lot. Je sais que ce n'est pas bien de se plaindre. Mais parfois, tu as des habitudes dont tu as du mal à te débarrasser quand tu vas à l'étranger.
Mais elle renchérit,
- Enfin quand même, il ne faut pas exagérer. Ce n'est pas parce qu'ils ne trouvent pas de la farine Maïzena dans les rayons des magasins qu'ils doivent en vouloir aux Anglais. La farine de maïs, c'est la farine de maïs, pas besoin de vouloir forcément de la Maïzena!
- Oui tu as raison, mais bon c'est juste que c'est si facile de pointer sur ce qui ne va pas. T'inquiète pas, nous savons aussi que l'Angleterre a ses avantages, c'est d'ailleurs pour ça que nous sommes là.
Elle poursuit: "Disons que je pense que s'ils ont voulu quitter la France, qu'ils ne se plaignent pas.
- Mais dis moi, qu'est-ce qui t'a fait tant vouloir quitter la France?
- Moi, j'ai quitté la France à cause de l'insécurité.
- Ah bon?
- Oui, j'en avais marre de toute cette délinquance, de tous ces gars qui te disent des grossièretés quand tu passes dans les rues. Je suis du Sud, et je peux te dire que j'en ai bavé. Ma soeur pareil. Ici à Londres, je me sens plus en sécurité.
- Quoi? Attends, dis-moi que tu rigoles, là.
Franchement je n'en revenais pas.
- Non, je t'assure, ici je ne me fais pas agresser, je ne me fais pas insulter. Je suis tranquille. Je trouve qu'il y a trop d'immigration, trop de délinquance, et en plus ces jeunes ne sont pas mis en prison. Pourtant, je ne suis pas raciste tu vois, d'ailleurs mon copain est indien, mais bon, j'en avais trop marre. J'ai donc décidé de partir. Ma soeur va me rejoindre bientôt parce qu'elle aussi, elle en a marre de ces voitures qui brûlent, de ces gens qui se font agresser dans les bus ou les trains, etc.
- Eh ben, m'exclamai-je, je ne savais pas que le taux de délinquance et d'insécurité grimpait jusqu'à donner l'envie aux Français de quitter la France. Tu es la première que j'entends dire ça.
Je poursuis: "Moi, je ne me suis jamais faite agresser, même pas insulter. Mais bon, mon faciès m'aide, je l'admets.
- Ah bon, tu estimes qu'il y a une différence, me demande-t-elle?
- Oui, crois moi il y en a une. Une jeune fille noire qui passe dans la rue n'est pas perçue comme une jeune fille blanche.
Je m'arrêtai là, ne voulant pas poursuivre le débat qui avait depuis longtemps pris un caractère politique dans un endroit pourtant inapproprié. Toutefois, cette jeune collègue m'intéresse. Sans doute que nous aurons d'autres occasions de discuter.

Posté par Tchim à 00:31 - Divers chez TCHIM - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 septembre 2006

Corporate dressing

Tailleur et talons, sauf le vendredi.
Quatre jours sur cinq, c'est la même monotonie, la même rectitude. Quatre jours sur cinq, je dois enfiler mon costume et interprêter mon rôle, celui de stagiaire marketing à ce qu'il parait. A rôle plat, tenue plate sans doute. Et quel rôle! Du coup, avec ces hauts talons, impossible de marcher pendant un quart d'heure sans clopiner. Pourtant, je dois me déplacer vite si je ne veux pas que d'autres remarquent sur mon tailleur pantalon ce double-pli dont l'opiniâtreté a vaincu ce matin mon fer à repasser pourtant tout neuf. Dilemme.
Souvent, pour faire oublier la condition de mon personnage, j'essaie par moi-même de lui donner un peu d'ampleur, je varie donc les couleurs. Lundi, bleu marine. Mardi, noir. Mercredi, brun foncé. Jeudi, noir à rayures bleues. Très vite, les membres du casting ont remarqué que je m'agitais un peu trop. Donc, lorsque j'ai voulu tenter un tailleur jaune à fines rayures noires, le metteur en scène (une collègue de 20 ans d'ancienneté) me l'a fortement déconseillé. Il était hors de question qu'un minable rejeton sans expérience mette la main sur un des rôles principaux. A voir sa réaction, j'ai vite compris que c'est le contrat qui pouvait sauter.
Rebelote donc la semaine suivante: bleu marine, noir, brun foncé, noir à rayures bleues.

La semaine dernière, par bonheur, les acteurs principaux étaient en tournée à Milan. J'ai donc pu laisser tomber le tailleur et jouer enfin un vrai rôle: jean, baskets, casquette. Un dérèglement du calendrier a permis à 4 vendredis de venir remplacer les autres jours. Quelques spectateurs travaillant dans d'autres départements ouvraient de grands yeux, et manquaient même de s'éclater les globes oculaires si je mâchouillais un chewing gum. Enfin, je pouvais prendre plaisir à mon rôle de figurante et à élaborer mes brochures marketing.

Pourquoi n'est-ce que le vendredi que je puis être moi-même sur un lieu de travail ? Et si l'épanouissement au lieu de travail passait par l'abandon de ces codes vestimentaires à l'odeur parfois si capitaliste?
Je discutais ce soir avec une amie. Nous évoquions l'amalgame si rapidement fait entre modernisation, occidentalisation et libération. Ces multiples codes, ces rectitudes libéralistes m'ennuient et m'enferment. J'en deviens claustrophobe. Je veux respirer.

Posté par Tchim à 01:30 - Divers chez TCHIM - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 septembre 2006

Londonxploitation

J'étais invitée, samedi dernier, chez un ami à Brixton, quartier populaire du sud de Londres. Le type: 38 ans, cadre financier dans une des plus grosses multinationales du monde, célibataire, sans enfant. On a eu l'habitude de se rencontrer pour manger à table le midi, d'échanger quelques emails ou encore de s'envoyer quotidiennement quelques Sametime, cet outil sympa permettant aux employés d'une même entreprise de dialoguer instantanément, à la façon d'MSN. Cela fait neuf ans qu'il est installé en Angleterre, qu'il se débrouille, fait aller. L'âge mûr, il m'apprend beaucoup de choses durant nos conversations, me conseille, parfois même m'interdit. Bref un gars avec une certaine trempe, vraiment sympa et avec lequel les relations d'amitié sont certainement durables.
Répondant donc à son invitation, je me mets en route vers son domicile. C'est la première fois que j'allais chez lui et je me rappelais qu'il m'avait dit la semaine auparavant qu'il avait fait refaire tout récemment la salle de bains et la cuisine. J'étais donc curieuse -entre autres choses- de voir ce que donnait la nouvelle décoration.
Brixton est réputé pour être un quartier très "chaud" à Londres, sans doute même le plus violent. Bien que je n'aie exprimé aucune méfiance, il s'était empressé de me rassurer, justifiant qu'il habite le Brixton Hill Road, celui qui est éloigné du Brixton populaire et mal famé, bref que malgré sa réputation, il se sent bien dans "son" Brixton. Je n'avais pas besoin de ce détail pour prendre plaisir à l'invitation, mais bon, soit.
J'entre donc enfin chez lui.
Mon collègue vivait dans un petit 20m² à deux pièces, le salon, le coin chambre et la cuisine formant la première, la salle de bains la seconde. Je trouvais l'appartement sympa, la cuisine et la salle de bains rénovées correctes. Je me suis alors permise de lui demander à combien se montait le loyer, à quoi il a répondu 520 livres, plus 40 livres de council tax, soit 560 livres par mois. Oui, pourquoi pas? Ca se vaut.
Pourtant, son logement était plus petit que l'appartement d'étudiant dans lequel j'ai vécu pendant deux ans. Sur le coup, ça ne m'a pas frappé. Mais aujourd'hui, j'y repense et me rends compte que je n'aurais pas imaginé qu'un homme de son envergure puisse vivre dans un logement aussi modeste. Néanmoins, si je prends le temps de faire la conversion, cela nous fait un loyer de 830 euros. Damn!
Ce n'est pas la première fois que je tombe sur ce genre de cas ici. J'ai même failli en oublier le caractère extrême. Cela fait au moins la cinquième fois que je visite le logement de connaissances dont je me représente une certaine situation, mais dont l'appartement est en désaccord total avec ma représentation. J'essaie de me transposer 14 ans plus tard, 38 ans, cadre en entreprise ayant accumulé quelques gallons, une bonne situation... vivant à Londres dans un 20m². Non, décidément quelque chose cloche.
Mon collègue évoquait ce soir là la rivalité installée entre les financiers de la boîte et les autres départements. Les salaires étant nivelés au profit des premiers, cela a créé un climat de jalousie. Je repense aussi à ce qu'il m'a dit entre deux bouchées de riz au curry: "Ma plus grande préoccupation aujourd'hui: avoir des enfants, fonder une famille." On distinguait un manque rongeur dans sa voix.
Londres, je l'aime et la déteste à la fois. 

Posté par Tchim à 20:17 - Divers chez TCHIM - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 août 2006

Otohrgpahre

Je ne puviaos pas ciorre que j'eiats cpabale de cpnomrede ce que je lsiias. Le pvooiur pnheoemanl de l'erpist!! Sloen une rhhcceere mnéee par l'uvreisinté de Cmagbirde, l'odrre des ltteers dnas un mot n'a pas d'ipomrtncae. La suele cohse qui ipromte est que la pèimrere et la dirnèee ltreets sioent à luers pclaes. Le rtsee puet êrte dnas un dorésrde tatol, clea ne gnêrea pas la ltreuce. Clea est du au fiat que l'eprist hmuian ne lit pas cahuqe lertte d'un mot, mias le mot dnas son emblsnee. Ipremionsnat, n'est-ce pas?
 

Posté par Tchim à 19:37 - Divers chez TCHIM - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »