THE BLOG

"La moralité de l'art consiste à utiliser de façon parfaite un moyen imparfait." Sir Henry Wotton dans "Le portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde

03 août 2007

Passéisme sarkozien

Je viens de lire l'intégralité de l'allocation de Sarkozy prononcée à l'université à Dakar la semaine dernière et disponible via ce lien.
Je vous préviens, il faut s'accrocher fort, se cramponner profond pour ne pas être projeté 40 ans en arrière. J'ose croire que ça doit avoir été une énorme déception pour ces étudiants, alors si avides d'un discours qui se promettait novateur, plein d'espoir, de réalisme et d'ambitions, d'avoir assisté à une série d'enflures périmées, à un spectacle où ne manquaient que le noir et blanc des films des années 60. Ce discours est tellement postcolonialiste, que certains dans l'audience ont dû avoir l'impression d'avoir loupé le rendez-vous, un peu à la façon de l'étudiant qui se présente à un examen, découvre le sujet, et se rend compte qu'il s'est trompé de lieu d'examen, voire de jour. J'imagine leurs mines se décomposer à mesure que le discours s'étend, des façades qui s'effondrent, victimes du vertige des temps, du vertiges de l'anachronisme, surtout quand celui-ci est passéiste.

Allez, soyons honnête et moins lyrique, le discours comporte quelques bons passages. Si tu y enlèves les âneries et insultes qui le parsèment, tu obtiens un discours qui se vaut. Du coup, je me pose la question de savoir comment dans le même discours, on peut retrouver ça : "Je veux donc dire, à la jeunesse d'Afrique, que le drame de l'Afrique ne vient pas de ce que l'âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l'homme africain est aussi logique et raisonnable que l'homme européen.", qui est complètement inapproprié si on se rappelle qu'on est en 2007 et encore plus inapproprié de la part d'un Président de la République, et ça: "Le défi de l'Afrique, [...] C'est de s'approprier les droits de l'homme, la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice comme l'héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes. C'est de s'approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l'intelligence humaine. Le défi de l'Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s'enfermer parce qu'ils savent que l'enfermement est mortel." qui selon moi est très bon. Franchement, mais quelle mouche les a encore piqués, Sarkozy et ces rédacteurs de Sciences-Po ? Je ne comprends pas.

Je pense au fond que l'un des "risques" de ce discours, outre ses obscénités, c'est qu'il est tenu par un blanc. C'est dommage à dire, mais c'est une réalité fort péremptoire, l'angle, s'il est blanc ou noir, donnera deux aspects différents de la situation. D'ailleurs, le "Je ne suis pas venu, jeunes d'Afrique, vous donner des leçons." en milieu de discours m'a fait bien rire.
Un rédacteur dans un célèbre quotidien réclamait : "Cessons de vouloir sauver l'Afrique !". Je dis non. Car elle a besoin d'aide. Par contre, cessons de vouloir la sauver de manière indescente, absolument et prioritairement. Allez, je reconnais que j'élude la nuance voulue par le rédacteur, mais de telles imprécations appellent à la vigilence.

Posté par Tchim à 23:05 - FRANCAFRIQUE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


10 décembre 2006

Chaos blanc sur noir

Je suis profondément triste cet après-midi. Ayant entendu parler des propos scandaleux de Pascal Sevran sur le comportement sexuel des Africains, j'ai décidé de passer en revue la presse pour voir ce qu'il en ressortait. Le lien suivant donne accès à des commentaires d'internautes sur le sujet: http://www.grioo.com/blogs/letigre/index.php/2006/12/10/1539 .
A leur lecture, mon coeur se fend littéralement. Cette haine brutale et ces ranceurs à chaque ligne me font presque monter les larmes aux yeux. Ils auraient dû signaler en haut de l'article: "Ames sensibles s'abstenir", tant certains des propos sont insoutenables.
Certains vont me dire "Tchim, arrête cette sensiblerie! Tu sais bien que les Français sont racistes! Moi, ça ne m'étonne même plus."
Je veux bien essayer d'avoir la même approche, dissimuler ma douleur et relativiser une fois, deux fois. Mais à quoi bon, si c'est au point de me mentir? A trop gonfler un ballon, il finit par exploser. Là, j'explose. Je ne puis soutenir de telles insultes à l'encontre de mon continent. France Télévision a décidé de ne pas sanctionner l'ennemi et cela m'insupporte de plus belle. Le service public laisse désormais se produire des bandits de grands chemins, des criminels intellectuels sans scrupules, sur les chaines de télévision les plus regardées en France. J'en suis révulsée, au point de vouloir fuir, sans savoir où.

Chaos_blanc_sur_noir

J'ai mis ci-dessous l'un de mes commentaires (hurlements) favoris, écrit par un internaute portant le pseudonyme MamAfrika. Lisez-le et entendez.

L'ANTIKAMITISME de PASCAL SEVRAN !

Non, franchement, je rêve ! Est-il possible qu'en ce bas monde, de nos jours, puisse se manifester une telle haine et une telle bétise contre TOUT un continent, tant de peuples ?! Quel manque de respect, quelle méconnaissance des réalités africaines, quel raccourci vulgaire et odieux !

Bande de descendants de criminels contre l'humanité, bande de racistes qui vous cachez derrière votre soi-disant démocratie pour dire tout et n'importe quoi, bande de salopards qui étiez les mêmes à vous auto-dénoncer à la Gestapo du temps où les nazis vous dominaient, bande de collaborateurs et de laches, je vous invite à écouter et à entendre l'un des vôtres, un homme issu de votre peuple, qui a têté à la même mamelle éducationnelle que vous, mais qui a choisi le camp de l'honnêteté intellectuelle, le camp de la vérité, de la franchise, et qui, tellement écoeuré par des ordures comme vous, a écrit de nombreux ouvrages pour dénoncer ce que VOUS ET LES VOTRES faîtes en Afrique contre les peuples africains, afin d'en voler, sucer, usurper TOUTES les richesses. C'est à cause de chiens comme vous, en votre nom et pour assurer votre petit confort que les Africains sont ruinés, affamés, maintenus sous perfusion par VOS ORGANISMES, banque mondiale, FMI, et la dette scélérate que vous leur imposez !
Lisez "LA FRANCAFRIQUE" de votre frère FRANCOIS XAVIER VERSCHAVE, paru chez STOCK. Et lorsque vous aurez arrêté de vomir à la lecture de toutes les bassesses organisées en votre nom et pour vous assurer les richesses dont vous vous réjouissez, lisez "Billets d'Afrique", ou "Les dossiers noirs de la politique africaine de la France" du même auteur !
VOUS COMPRENDREZ CE QUI EST LA VERITABLE CAUSE DE LA FAMINE EN AFRIQUE !
Votre petite vedette imbécile, toujours occupé à vérifier si sa petite mèche blonde tombe bien sur son petit minois bien poudré, qui se vante de pratiquer le tourisme sexuel dans les pays sous développés, et à qui vous déroulez le tapis rouge parcequ'il vous permet d'épancher vos instincts les plus vils, adorez la comme le veau d'or ! Elle vous permet d'exprimer l'ANTIKAMITISME que vous portez en vous comme une tare, ce racisme anti nègre, à l'origine de l'esclavage, de la traite nègrière, qui continue de vous faire traiter nos champions de football de singes sur vos stades ! Ca vous soulage, hein ! Vous êtes contants, vous n'êtes pas seuls !

mais de grâce, FOUTEZ LA PAIX A L'AFRIQUE et à ses enfants, et vous verrez comment elle s'en sort ! Arrêtez d'assassiner lachement tous les leaders capables d'orienter les peuples, et vous apprendrez ce que c'est qu'un peuple qui relève la tête et renait des cendres dans lesquels vous, cannibales des temps modernes, les faîtes macérer.
LES ENFANTS SONT LA PLUS GRANDE RICHESSE DE L'AFRIQUE ! Vous l'avez prouvé pendant l'esclavage en les enlevant pour les exploiter. Vous étiez bien contants alors qu'ils se reproduisent, hein ?! C'est VOTRE fortune qu'ils faisaient en se reproduisant, pas vrai ? Aujourd'hui, ils vous dérangent, parcequ'ils OCCUPENT LA PLACE QUE VOUS VOUDRIEZ REPRENDRE !
Frères et soeurs africains, les voilà aujourd'hui qui veulent gérer notre sexualité comme au bon vieux temps de l'esclavage ! Ne les laissons pas faire ! Nous avons de la terre à en revendre pour nos enfants, le sol et le sous-sol le plus riche de la planète. TOUT CA POUR NOS ENFANTS, dès qu'ils arrêteront de tout nous voler !
FOUTEZ NOUS LA PAIX et laissons nous gérer TOUTES NOS POTENTIALITES, y compris choisir NOUS MEME de faire ou de ne pas faire des enfants !
Occupez vous de votre sida et des moeurs dépravées que vous voulez imposer en norme avec votre mondialisation.
VIVE LA JEUNESSE AFRICAINE !
VOUS EN ENTENDREZ PARLER...

Posté par Tchim à 16:04 - FRANCAFRIQUE - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mars 2006

procès elf

Cette magnifique pièce de théâtre a lieu tous les Mardis jusqu'au 21 mars 2006 au théâtre de la Fenêtre, 77 rue de Charonne 75011 Paris, métro Charonne sur la ligne 9. Nicolas Lambert a assisté au Procès Elf.  Il lui a fallu beaucoup de patience car celui-ci a duré quatre mois.  Avec un brio absolument remarquable, il nous plonge dans les méandres de celui-ci.  Il interprète à lui seul, avec une précision saisissante - dictions, tics, gestuelle,... -, les principaux personnages du procès: André Tarallo, Alfred Sirven, Le Floch-Prigent, André Guelfi...Le texte est extrêmement précis, l'ambiance générale du tribunal est restituée; bref nous y sommes.

Le résultat final est saisissant pour au moins deux raisons: d'une part la mise en scène est parfaite; d'autre part, pour ceux qui ne connaissent pas l'affaire ou pour ceux, comme moi, qui la connaissaient vaguement, cette intrusion dans l'arrière-cour de la République Française laisse un goût amer: corruption tous azimuts, système de prévarication généralisé, soutien actif à certains dictateurs africains - ceux-ci sont fidèles à eux-mêmes -, dilapidation à grande échelle de l'argent public français...Tout ceci se passe bien sûr à l'insu du bon peuple, bercé par les discours flatteurs de la classe politique  sur la grandeur de la France et sa vocation universaliste. Le rôle des média est crucial, qui, sur les sujets "délicats",  jouent clairement le jeu du pouvoir.  Cette docilité a au moins en partie à voir avec son système de financement.

Nicolas Lambert mérite d'être soutenu. Il est talentueux,  entouré d'une petite équipe passionnée et dévouée malgré son manque flagrant de moyens.  Les  suspensions de séance sont  l'occasion d'écouter d'excellents musiciens - de la vraie bonne musique -.  A la pause, des jus sont proposés, issus du... commerce équitable. 

Une phrase symbolise bien l'esprit du spectacle. Nicolas Lambert dit approximativement ceci: " J'ai bien peur que la santé de la République ressemble à celle de Sirven"...

Posté par mitnick à 10:44 - FRANCAFRIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 février 2006

Dr Cheikh Anta Diop

Hi, aujourd'hui nous fêtons les 20 ans de la disparition d'un très grand homme: Docteur Cheikh Anta Diop.

Cheikh Anta Diop représente pour moi l'un des intellectuels africains ayant le plus chéri le continent noir. Sa volonté sans limite de redonner l'authenticité qui a été ravie à cette terre est un exemple que j'aimerais voir suivi par tous. Sa tâche visant essentiellement à réécrire l'histoire de l'Afrique depuis ses origines est remarquable tant par sa qualité que par sa diversité. En effet, l'oeuvre ne se borne pas seulement à être historique, elle est également littéraire, linguistique mais aussi scientifique et philosophique.

Evidemment comme tout grand intellectuel noir, Cheikh Anta Diop a été confronté à de lourdes oppositions idéologiques, tant du fait des régimes politiques en place en Occident comme au Sénégal que du fait des institutions d'enseignement français de l'époque. Pourtant, sa croyance en une renaissance culturelle de l'Afrique noire lui a permis de poursuivre sans faillir sa tâche outre ces barrières.

20 ans après sa disparition, je ne saurais faire un bilan correct de l'influence que son oeuvre a eu sur nos populations. Je sais seulement que celle-ci ne sera jamais suffisante.
Par ailleurs, je déplore les rapports de l'oeuvre de Cheikh Anta Diop faits par certains instituts "africanistes", rapports emprunts de fortes doses de racisme anti-blanc et qui selon moi ne sont que des déformations pour le moins pernicieuses du message que le Docteur a voulu nous transmettre.

Longue vie donc à l'oeuvre du Dr Cheikh Anta Diop. Qu'elle serve à l'épanouissement des populations noires du monde entier.

P.S.: Mitnick, si tu as quelque chose à rajouter à cette hommage, étant plus au courant que moi, n'hésite pas.

Posté par Tchim à 19:55 - FRANCAFRIQUE - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 janvier 2006

Pyramide de Maslow africaine

Figurez-vous que je suis tombé hier sur un schéma représentant la "pyramide de Maslow africaine". Son auteur: Monsieur Maixent Callaud, français ayant vécu au Nigéria et au Burkina Faso.

pyramide_de_maslow2

En illustration, quelques passages de ses commentaires:

"En confrontant les deux visuels [ci-dessus: l'Anapurna et le taxi chargé de bagages], je me suis fait la réflexion qu'il y avait vraiment deux visions, deux approches très différentes de la vie, des valeurs clés entre l'Europe et l'Afrique..." [...] "Là où en Europe on raisonne en terme d'ascension, je me suis dit que l'Africain qui regarderait ce logo, allait simplement se dire que cette vision là n'était pas possible... qu'ils pourraient simplement atteindre ces sommets, mais certainement pas y rester. Et certainement qu'il allait y mourir! La température y étant certainement pour quelque chose.
En Europe, il y a cette volonté d'excellence, cette envie de se dépasser... C'est ce qu'on retrouve dans l'approche de Maslow, dans cette représentation ascensionnelle des besoins."

Son interlocuteur de demander: "Pas en Afrique?

Et Callaud de répondre: "Non, pas du tout. Pas en Afrique! Un Africain ne raisonne pas comme ça. Avec lui, c'est d'abord une histoire horizontale. [...] En plus de cette différence entre la verticalité européenne et l'horizontalité africaine, l'approche africaine est collective et non pas individualiste comme en Europe ou en Amérique du Nord.
C'est sur cette double base que l'on peut construire une approche des besoins qui est à la fois concentrique (et non plus pyramidale) et où les besoins sont distribués autrement les uns par rapport aux autres."

Personnellement, concernant les deux visions individualiste et collectiviste qui distingue les pensées occidentale et européenne, je suis en accord avec les propos de M. Callaud.
Par contre, déduire de deux visuels n'ayant absolument rien en commun que l'Africain n'a pas le culte de l'ascension ni la volonté d'excellence m'apparait dénué de tout discernement. Monsieur Callaud a dû oublier qu'il existe le Kilimandjaro en Afrique, et que beaucoup d'Africains tentent de le grimper, utilisant toutes les voies possibles et imaginables que ce volcan veut bien leur accorder.
En outre, depuis quand la température serait-elle un facteur déterminant de la capacité de l'Africain à se dépasser? M. Callaud n'a-t-il jamais entendu parler de ces rituels exécutés par certaines tribus africaines, consistant en de multiples épreuves de témérité et de résistance à la douleur, et consacrant notamment les jeunes hommes qui les exécutent en adultes? Ne sont-elles pas des manifestations de la volonté chez ces individus de se surpasser?

Je ne suis pas en accord non plus avec cette vision concentrique des besoins. Tout univers concentrique se réfère à un centre. Ce centre, quel est-il dans l'approche de M. Callaud? L'Africain dans son individualité? Quand bien même ce serait cela, que ce soit dans l'approche de Maslow ou dans l'approche africaine, plus les besoins évoluent et plus ceux-ci on un rapport direct avec la communauté. Les 3 besoins d'appartenance, d'estime et d'accomplissement dressent une relation étroite avec la communauté et ne sont mesurables qu'en fonction de la position que l'on occupe dans celle-ci.

Bref, la nuance s'impose, et je suis désolée que des raisonnements aussi simplistes aient pu être diffusés sur le site Internet d'une des écoles de commerce les plus influentes au monde (oui j'ai bien dit "au monde").

Posté par Tchim à 19:38 - FRANCAFRIQUE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 octobre 2005

Africains, si vous parliez!

africains_parlezJe pense que ce matin je fais partie des personnes les plus chanceuses au monde. En effet, je viens d'achever le livre "Africains si vous parliez" écrit par l'unique Alexandre Biyidi-Awala, ou plus sagement nommé Mongo Beti.
Le livre recueille de nombreuses chroniques qui ont fait vivre la revue "Peuples Noirs - Peuples Africains" créée en 1978 par Mongo Beti et Odile Tobner son épouse. Il a pour grand mérite de relater avec une clairvoyance extrême les relations franco-africaines de la seconde moitié du 20è siècle. La lucidité dont fait preuve l'auteur camerounais est telle qu'elle fait naître des frissons d'espoir et de sérénité.
La sérénité: à retenir comme la principale force de Mongo Beti. Cet homme a vaincu l'un des plus grands maux des hommes, celui qui les gèle et les aigrit dans leur immobilisme: la peur. Je m'avance peut-être en disant "a vaincu"; à le lire on se demande s'il l'a même déjà ressentie ne serait-ce qu'une fois dans sa courte vie.
Je relis sa biographie et j'insiste: cet homme est mort bien trop tôt; ce qu'il lègue à l'Afrique est d'une valeur que personne n'aurait l'indécence d'estimer. Sérénité, lucidité, fierté sont sans doute les principaux ingrédients de cette aventure littéraire que constitue "Africains si vous parliez".
Je me rends compte alors que ma propension actuelle à la chance pourrait encore s'accentuer si à "Africains si vous parliez", j'ajoutais le sans nul doute tonitruant "Main basse sur le Cameroun", écrit par ce même visionnaire. Mon père doit l'avoir dans son vieux grenier, il faudrait que je pense à retourner y faire un tour.

Simplement, MERCI Monsieur Mongo Beti (j'aurais aimé écrire ces derniers mots dans sa langue natale, si quelqu'un peut m'y aider...)

Posté par Tchim à 10:40 - FRANCAFRIQUE - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 octobre 2005

Un Togolais à Paris

Bonjour, un ami a souhaité que je vous fasse part de l'article ci-dessous. Pour ceux ayant assisté à la conférence organisée par l'association Afrique Tandem le 15 avril dernier à Paris, dont le thème était : "Investir en Afrique", Didier Acouetey dont parle l'article était un des panélistes de la conférence.

Vous pouvez retrouver l'article à ce lien: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-689331,0.html

Bonne lecture!

Didier Acouetey, chasseurs de têtes pour l'Afrique

Clichés sur l'Afrique s'abstenir. Didier Acouetey est un Africain de Paris, mais il ne vit pas dans un squat : son bureau est sur les Champs-Elysées. Il ne porte pas de petit bonnet de laine, mais une cravate bleu roi et de discrètes lunettes. Il n'envoie pas de mandats à Abidjan, Bamako ou Dakar, mais des responsables marketing, des gestionnaires de ressources humaines, des chefs de produit. Depuis bientôt dix ans, il s'est installé sur un "segment" resté vierge en France : le conseil en recrutement d'Africains pour l'Afrique. Microsoft, Coca-Cola, France Télécom ou Alstom sont aujourd'hui les clients d'AfricSearch, le cabinet qu'il dirige.

Sa naissance à Lomé (Togo) voilà trente-six ans dans une famille de notables le destinait à une carrière d'héritier tropical. Mais il n'est pas rentré de Paris après ses études de commerce. Tout en démarrant une carrière dans le marketing, il a animé un groupe de réflexion, dont le nom, Renaissance africaine, annonçait l'ambition : mobiliser les jeunes Africains formés dans les grandes écoles françaises pour le développement de leur continent d'origine. Juristes, commerciaux, chefs d'entreprise, ils partagent la volonté de se battre pour des pays incapables de mettre en valeur leurs atouts, à commencer par eux-mêmes.

Enrayer la fuite des cerveaux et convaincre les grandes entreprises de la valeur d'un encadrement africain : ce sera la mission d'AfricSearch, premier cabinet de chasseurs de têtes parisien dédié à l'Afrique. "80 % des diplômés africains vivant en Europe sont prêts à rentrer s'ils rencontrent une belle opportunité" , assure Didier Acouetey. Au salaire équivalent à celui pratiqué en France, à la perspective d'une carrière dans un groupe international s'ajoute un élément spécifique : contribuer au développement du pays d'origine. "En France , notre impact de jeune diplômé est marginal. Là-bas, nous électrifions une région, nous impactons incroyablement nos pays, nos villes." "Impacter", Didier Acouetey adore ce néologisme, qui résume bien sa démarche, son tempérament.

Conçu autour de cette ambition, AfricSearch se développe en profitant d'une conjoncture triplement favorable au recrutement de cadres africains : le coût prohibitif de l'expatriation, la politique d'africanisation du personnel menée par les sociétés occidentales opérant sur le continent noir, et le nombre croissant d'étudiants africains de haut niveau sans espoir de régularisation en Europe. Au total, quelque 500 diplômés auront ainsi été recrutés en 2005.

Face aux préjugés qui attribuent aux Africains un sens de la famille propice aux détournements de fonds, le chasseur de têtes assure que ses poulains, "formés dans le moule occidental, ont les mêmes réflexes que les Français d 'origine" , tout en présentant une vertu supplémentaire : la connaissance des cultures locales ­ "le rôle du secret et du mystère, la place sacrée de la famille" , irremplaçable pour manager du personnel. Sans compter une volonté d'implantation durable qui tranche avec la bougeotte des expatriés. Il est convaincu que le salut viendra de cette nouvelle génération d'entrepreneurs et de gestionnaires africains qui considèrent le continent comme une "terre d'opportunité" et non comme un lieu dévolu aux tragédies. Ceux, frais émoulus des universités et des grandes écoles françaises, qu'il met en contact avec les entreprises en organisant les Salons AfricTalents à Dakar, à Washington, à Bamako et à Paris.

Car Didier Acouetey est un incorrigible "afroptimiste", même si périodiquement les événements mettent à mal cette exigeante disposition d'esprit. La Côte d'Ivoire, qui fournissait 60 % de l'activité de son cabinet, s'est mise en berne. Il peste contre le Gabon, qui, avec ses richesses, "aurai t pu être Taïwan" , n'était son "problème de gouvernance" . Regrette que le Sénégal s'empêtre dans la politique et vive trop " sur lui-même" . S'indigne de la prise du pouvoir par le fils du dictateur Eyadéma puis de la manipulation de l'élection présidentielle au Togo, son pays d'origine. Le " groupe de réflexion indépendant" qu'il a créé, Initiative 150, fait référence à l'article de la Constitution togolaise qui institue le devoir de désobéissance en cas de coup d'Etat.

Franchir le pas et entrer en politique ? La tentation le chatouille, à l'évidence. "Ma génération ne peut pas rester immobile devant la situation en Afrique. Quarante ans après les indépendances, pas un seul pays ne peut être cité en modèle d'une réussite aboutie. Nous succédons à une génération qui a montré ses limites." Pourtant, l'heure n'est pas encore venue de se jeter à l'eau : les jeunes de ses réseaux de connaissance n'ont pas atteint la "masse critique" qui leur permettrait de peser. En attendant, Didier Acouetey préfère "garder sa virginité pour être prêt dans cinq, dix ans", avec des gens qui, ayant déjà réussi professionnellement dans le business citoyen que leur propose AfricSearch, "ne seront pas tentés de mettre la main à la caisse" .

Ce réalisme prudent ne l'empêche pas d'analyser au présent les racines des maux qui rongent l'Afrique. L'esclavage, la colonisation et, plus récemment, la dévaluation du franc CFA jalonnent, selon lui, l'histoire des calamités venues de l'extérieur. Mais les Africains eux-mêmes ont leur part de responsabilités. "Qu'ont fait le Gabon, le Zaïre, de leurs ressources naturelles ?" , interroge Didier Acouetey en désignant comme "complice" la France, qui, "en soutenant les potentats", bride les initiatives et empêche la jeune génération de s'exprimer. Quant à l'aide au développement, il la considère comme "un instrument de gestion politique par l'Occident, que l'élite africaine s'approprie".

Les yeux tournés vers les nouveaux dragons asiatiques, le directeur d'AfricSearch refuse obstinément de croire en la fatalité du sous-développement. Au Botswana, en Afrique du Sud, mais aussi au Mali et au Burkina Faso, il entrevoit les prémices d'un renouveau. Les immenses ressources humaines du continent noir, alliées à une stratégie volontaire de formation et de développement, peuvent, à ses yeux, changer la donne. "L'Afrique, veut croire le chef d'entreprise, peut faire sa mutation en vingt ou trente ans" , à condition que les dirigeants incapables cèdent la place et que la France cesse d'aider " des cliques franco-africaines nostalgiques". Sinon, prophétise-t-il, l'Afrique risque de se retourner contre elle.

Philippe Bernard

Posté par Tchim à 12:23 - FRANCAFRIQUE - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 septembre 2005

Connaître un pays...

Il est très difficile de connaître un pays - D'ailleurs que signifie "connaître" un pays? -. Admettons pour commencer qu'il est possible de vivre dans une Région sans la "posséder"; que quelqu'un vivant hors un lieu peut mieux le comprendre - car connaître un Lieu c'est au fond le comprendre - qu'un "permanent"... La plupart des individus pensent "connaître" un endroit simplement parce qu'ils y ont séjourné un certain temps, plus ou moins long - mettons 3 mois - . Il est sûrement possible d'arriver à une compréhension correcte d'un environnement en relativement peu de temps; mais le fait d'y avoir passer du temps est insuffisamment pertinent pour prétendre à une empathie du lieu. Ceci dit, je pense, de manière générale,  que certains pays sont intrinsèquement plus difficilement - de ce point de vue - accessibles que d'autres; ceci tient à leur histoire, à leur Culture - langue, ...- , à leur dynamisme, à leur superficie, à leur population... Il est évident que notre vécu personnel, notre histoire propre, sont également partie prenante de ce processus: il est à priori plus aisé pour un Français de connaitre l'Allemagne que pour un Koweïtien. Toutefois, partant du principe qu'un pays, quelqu'il soit, est par définition complexe, subtil, des questions se posent: est-il judicieux de l'aborder - ce que font naturellement beaucoup de "touristes" - avec mes repères, mes normes? Dans le même temps, mon regard n'est-il pas intéressant précisément par ce qu'il est extérieur? Vouloir le brimer ne constitue t-il pas une forme de corruption de l'esprit, laquelle faussera in fine mon appréciation en la restreignant? La "vérité" ne se situerait-elle pas entre les deux options? Prétendre apprendre un pays est intéressant car il s'agit d'un dialogue avec soi-même, un face-à-face avec ses préjugés, ses "facilités". On en apprend sur le lieu, mais aussi sur soi...

P.S. Il me parait intéressant de visiter les beaux monuments, les beaux quartiers, discuter avec l'élite intellectuelle...Très bien; mais est également enrichissant - pour l'apprentissage du pays - le contact avec les "vraies gens", dans les zones moins favorisées, voire les villages. Ces deux entreprises me paraissent absolument nécessaires, et ne s'excluent pas. Et c'est un minimum...

Posté par mitnick à 22:14 - FRANCAFRIQUE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juin 2005

Cours avec Pr Obenga, disciple de Cheikh Anta Diop

Ce message est publié par Vanessa. Merci Vanessa.

ce n'est pas un commentaire
en surfant sur internet, je suis tombée sur une initiation prodiguée par le prof théophile obenga, egyptologue
je vais vous copier les dates et les thèmes

(tchim c'est pour toi ;-)

perso le cours du 25 juin m'a l'air particulièrement intéressant avec l'intervention de marielouise diop qui va traiter du trou démaographique en afrique causé par la traite

avant qu'on dise que je ne préviens pas , je vous informe que j'irai au cours du 25 juin, c'est metro nation
tout est indiqué
Cours d'initiation à l'Histoire de l'Afrique et à l'Egyptologie

Année 2004-2005

Sous l'égide de :
Associations KHEPERA & SHABAKA INSTITUTE
Les prochains cours des 18 juin, 25 juin et 2 juillet 2005 se dérouleront avec Théophile OBENGA, égyptologue, historien, directeur de la revue ANKH

Programme du samedi 18 juin 2005 de 13h à 19h :
13h-14h : Initiation à la Physique
14h-15h30 : Histoire des sciences et des techniques de l'Afrique
15h30-17h00 : Langue égyptienne pharaonique
17h00-17h30 : Pause - collation
17h30-19h00 : L’unité culturelle de l'Afrique noire

Programme du samedi 25 juin 2005 de 13h à 19h:
13h-14h : Etude de textes de l'Egypte ancienne
14h30-17h00 : Langue égyptienne pharaonique
17h00-17h30 : Pause - collation
17h30-19h00 : "Effets démographiques de la traite négrière sur la population de l'Afrique" par Louise-Marie Diop-Maes, historienne-géographe, auteur de l'ouvrage Afrique noire, démographie, sol et histoire.

Programme du samedi 02 juillet 2005 de 13h à 19h :
13h-14h : Initiation à la Physique
14h-15h30 : Histoire des sciences et des techniques de l'Afrique
15h30-17h00 : Langue égyptienne pharaonique
17h00-17h30 : Pause - collation
17h30-19h00 : "Histoire, Archéologie et Problématique de développement en Afrique", par Bienvenu Denis Nizesete, Archéologue-Historien, Docteur en Préhistoire et Histoire ancienne de l'Afrique de l'Université de Paris I,Chargé de cours à l'Université de Ngaoundéré, Cameroun.

Cours ouvert à tous, dans la limite des places disponibles.

Le nouveau numéro 12/13 de ANKH, revue d'Egyptologie et des Civilisations africaines sera disponible à L’ESPACE CONFERENCES des DIACONESSES
Salle Tourelle A au Pavillon Tourelle
18, rue du Sergent BAUCHAT - 75012 PARIS
Station RER ligne A : Nation - Stations de Métro : Nation ou Montgallet
Proximité du Périphérique Est – Porte de Vincennes

Les cours de l’année 2004/2005 se déroulent en 21 séances réparties entre le 16 octobre 2004 et le 2 juillet 2005, le samedi 13h à 19h :
Dates des cours : 16/10/2004, 23/10/2004, 30/10/2004, 06/11/2004, 13/11/2004, 04/12/2004,18/12/2004, 08/01/2005, 29/01/2005, 05/02/2005, 26/02/2005, 05/03/2005, 26/03/2005, 09/04/2005, 23/04/2005, 30/04/2005, 14/05/2005, 28/05/2005, 18/06/2005, 25/06/2005, 2/07/2005

Thèmes des cours

1. Introduction à l’histoire africaine - Méthodologie
2. Histoire de l’humanité : Préhistoire
3. Chronologie et méthodes de datation - Apport à la connaissance de l’histoire de l’humanité
4. Histoire de la civilisation pharaonique
5. Langue égyptienne pharaonique
6. Les mathématiques en Egypte ancienne
7. La philosophie africaine de la période pharaonique
8. L’histoire des sciences et des techniques de l’Afrique
9. Linguistique : L’égyptien ancien et les langues négro-africaines modernes
10. Initiation à la Physique
11. L’œuvre de Cheikh Anta Diop

Droits d'inscription annuelle :
- Etudiants : 45 € (payable en 3 fois : 15 € en octobre ; 15 € en janvier ; 15 € en avril)
- Non-étudiants : 60 € (payable en 3 fois : 20 € en octobre ; 20 € en janvier ; 20 € en avril)

Droit d’entrée :
- 5 € pour les inscrits
- 10 € pour les non-inscrits

L’inscription comprend :
- Une réduction du droit d’entrée de 5 € à chaque séance
- Les documents de cours de toutes les séances (A noter : les documents de cours relatifs aux séances précédant l’inscription sont payants).
- Une attestation de suivi du cours Egyptologie et Histoire de l’Afrique sera remise en fin d’année, compte tenu de l’assiduité.

Cours ouvert à tous, dans la limite des places disponibles, sans niveau préalable requis.

Posté par Tchim à 13:22 - FRANCAFRIQUE - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juin 2005

Courrier International

Bonjour,

Au cas où vous le pouvez, je vous invite à vous procurer le numéro "Courrier International" de la semaine. Vous y trouverez en Une du journal, un excellent dossier sur une "Afrique qui marche" avec des articles de journaux anglo-saxons comme africains.
A la lecture de ces articles, tous ceux qui prétendent travailler dans la finance plus tard cesseront enfin -j'espère- de faire ce constat non fondé que l'on ne peut exercer la finance en Afrique noire. Ces nombreux articles font état d'un continent dont le devenir et même le présent ne sont que porteurs d'espoir. L'économie africaine en croissance de 5% en 2004 et les nombreuses institutions financières dont les rendements sont remarquables redorent une image de l'Afrique tant biaisée par les medias occidentaux.
Tout ce que je peux dire, c'est que je suis une nouvelle fois fière et triste à la fois qu'enfin on parle de nous comme on le devrait, fière en tant que Camerounaise, triste que ce constat soit fait si tardivement. J'ai peut-être l'utopie de croire que nous entrons dans une nouvelle époque, Messieurs Dames, celle de cette "révolution mentalitaire" dont je parlais dans un précédent message, qui à défaut de se faire des deux côtés de la Méditerranée, trouve plutôt sa médiatrice du côté de l'Atlantique (La France et l'Europe, à mon grand regret, auront encore manqué une occasion d'initier une tendance).
Bref, je souhaite que ce genre de dossier soit renouvelé, si ce n'est déjà fait, dans d'autres grands journaux français.
J'y crois. Je pense que nous y croyons tous. En tout cas, il le faut. 

Posté par Tchim à 23:30 - FRANCAFRIQUE - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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