18 septembre 2006
Fabius
Le premier "oral" des postulants à la candidature socialiste pour la présidentielle a eu lieu Dimanche dernier à Lens. Ils ont discouru les uns à la suite des autres. Les débats ont été, si je ne me trompe, retransmis en direct sur LCI, puis rediffusés sur la chaîne parlementaire.
Je n'ai pas suivi tous les discours. Toutefois, mon impression a été confirmée par plusieurs personnes ayant vu les retransmissions télévisées: l'intervention de Fabius, disponible sur son site - www.laurent-fabius.net - était remarquable. Indépendamment du fond sur lequel on peut débattre à l'infini - pourquoi pas d'ailleurs -, et que j'ai trouvé plutôt bon, la forme était vraiment convaincante: discours incisif, limpide, bien charpenté, rythmé, énergique, et, on le lui reproche souvent, crédible de mon point de vue. La meilleure partie du discours, que je recommande particulièrement, est la fin: époustouflante. Elle débute par cette belle formule de Jaurès: "Le courage, c'est de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni même s'il lui réserve une récompense". Belle inspiration...
19 mai 2006
casse-tête
Une question que je me suis souvent posé: les électeurs du FN sont-ils tous des racistes? Question à mon sens aussi difficile qu'importante. J'ai plutôt tendance à penser que non; un prof. avec qui j'échangeais dernièrement était catégorique: oui. Selon lui, Le pen a bâti sa carrière politique sur le racisme. Il est par conséquent clairement et avant tout identifié comme tel par tout un chacun. Le racisme est son marqueur. Par conséquent, toute personne qui prend le parti de voter pour lui est... "raciste". Encore faut-il s'entendre, et ce n'est pas le plus simple, sur ce qu'est un "raciste". Mot galvaudé s'il en est, et qui, en fin de compte, signifie tout et n'importe quoi, c'est-à-dire rien. Faut-il distinguer entre les "racistes"? Par exemple entre les "militants", c'est-à-dire ceux qui ont structuré une pensée "raciste", et les "pulsionnels", à avoir ceux qui expriment un mouvement d'humeur? On pourrait trouver ainsi plusieurs déclinaisons. Poursuivons le questionnement: le vote est-il un élément pertinent pour déterminer l'orientation politique d'un individu? On sait que "beaucoup" de communistes, voire d'anciens élécteurs de "gauche" se sont retrouvés au FN. On connait également le phénomène des électeurs zappeurs: un coup Laguiller, un coup Mégret...On peut également penser que tous les "racistes" ne votent pas FN. Ce pour plusieurs raisons, l'une d'elles étant que le discours "raciste" peut se décliner sur plusieurs modes, que divers courants existent dans cette mouvance, qui sont autant de raisons de préférer Le Pen à Villiers - même si d'aucuns affirment qu'il n'est pas "raciste" -, ou à Mégret par exemple. Il est également acquis que les partis dits "de gouvernement" - notamment l'un d'eux... -draînent une part non négligeable de "racistes", qui s'y reconnaissent.
Quoi qu'il en soit, la "lepénisation" des esprits, car c'est de cela dont il est question, est frappante. Le racisme est aujourd'hui totalement banalisé. Son expression est parfois "chic"; quand par exemple elle émane d'Hélène Carrère-d'Encausse ou encore d'Alain Finkielraut. Un certain nombre de personnes, y compris parmi les "élites", a la conviction que le danger extrême-droite a été définitivement jugulé; au point qu'il est permis de l'instrumentaliser ou de s'en servir, pour certains électeurs, pour soi-disant "faire passer" des messages. Le Pen a "déjà gagné" entend-on quelquefois. Ce n'est pourtant qu'un début...
21 avril 2006
prospective
Il y a plusieurs mois déjà j'avais pronostiqué ici-même la présence, encore une fois, de Jean-Marie le Pen au deuxième tour - à part ça, il est évident, quoi qu'il arrive par ailleurs, qu'il fera un gros score - des présidentielles de 2007 . -Barbudo n'y croyait pas du tout -. Plusieurs sondages ces dernières semaines vont clairement dans ce sens. "Alors les sondages!" me direz-vous. Mais tout de même. En ce qui me concerne, j'y crois toujours.
Deuxième phénomène auquel je crois, Ségolène Royal ne sera pas la candidate du PS aux présidentielles. Sur le fond, à titre personnel elle ne me convainc pas du tout. Il est vrai qu'on l'entend moins que d'autres. Mais depuis le temps qu'elle pratique la politique, elle s'est tout de même exprimée. Elle est soutenue par les média; ceux-là même qui étaient favorables au Traité constitutionnel européen, ou encore à Balladur en 95. Elle a le soutien, entre autres, de Jacques Séguela, celui qui a fait la campagne de Jospin en 2002, avec le brillant résultat que l'on sait. Les peoples - une part croissante d'entre eux en tout cas, de BHL à Jamel en passant par Carole Bouquet - l'adoubent. Une partie d'entre ceux-ci ont activement fait campagne pour le oui au Traité européen au sein du comité de soutien du P.S. On a vu le résultat. Alors tout ceci ne veut certes pas dire grand chose; surtout pas qu'elle va gagner donc. Rappelons-nous, pour revenir aux sondages, que ceux-ci avaient brillamment pronostiqué un second tour Chirac-Jospin en 2002 - Mais non, je n'exploite pas les sondages uniquement quand ils vont dans mon sens :-) -.
Pour finir, je pense que la classe-politique-machiste fera le nécessaire, d'une manière ou d'une autre, pour qu'elle ne soit pas candidate. Je crois même envisageable une stratégie, par définition secrète, entre des responsables de "gauche" et de "droite" pour la destabiliser. Après tout ça s'est déjà vu. Et il s'agissait d'un homme!
12 avril 2006
La propagande du quotidien.
Eric Hazan a écrit un "petit" livre remarquable: "LQR - Lingua Quintae Respublicae - la propagande du quotidien" . Le titre évoque évidemment le fameux "LTI" - Lingua Tertii Imperii (langue du troisième reich) - de Viktor Klemperer. Hazan analyse les ravages de "cette langue du néolibéralisme" qui s'insinue perfidement dans les esprits, les imprègne subrepticement. Langue qui s'autoalimente: "plus est elle est parlée, et plus ce qu'elle promeut se produit dans la réalité".
L'idée qui sous-tend ce livre me paraît très juste. Les mots ont perdu leur sens. Sens qui devient de plus en plus flou. En conséquence, la première imposture, la plus dangereuse au bout du compte, est celle du discours. Que signifie aujourd'hui "réforme", "citoyen", ensemble", arabo-musulman", "partenaires sociaux", "exclus", "crise"...? Plus grand chose dans la mesure où ces expressions sont utilisées à tort et à travers.
Vous le savez bien: on ne parle plus de "pauvres", mais de "gens de condition modeste", les "exclus" ont remplacé les "exploités", les "couches sociales" se sont substitué aux "classes". Hazan nous explique que ces glissements sémantiques ne sont pas anodins. Ils sont l'outil d'un véritable projet. "La LQR substitue aux mots de l'émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission". Ce livre est essentiel.
01 avril 2006
Planète Capitalismo
Nous sommes en 2006 ap. Jésus Christ. Un peu partout, des chefs d'Etats doivent céder aux injonctions des instances capitalistes. Une paix larvée s'est installée sur la planète Capitalismo, troublée par quelques attaques terroristes vite repoussées. Toute la planète est occupée. Toute? Non. Car une région résiste victorieusement à l'envahisseur capitaliste, une petite région entourée de camps retranchés libéralistes. Tous les efforts pour vaincre ces fiers Français ont été vains et la Banque Mondiale s'interroge: "What?". C'est ici que nous faisons connaissance avec nos héros, qui vont s'adonner à leur sport favori: l'assurance d'une sécurité sociale et professionnelle pour tous les citoyens français... De quoi faire perdre son anglais à M. Paul Wolfowitz.
En parcourant un peu l'actualité française concernant le Contrat Première Embauche, je me suis demandé si l'on n'assistait pas à l'expression des limites du modèle social français, dont les politiques n'ont de cesse de se vanter. Dans un monde dont la courbe d'évolution ne suit d'autre tracé que celui du capitalisme libéral, la France toute armée de son modèle socialo-égalitaire semble atteindre un "breaking point" la plaçant en marge du développement économique des plus grosses puissances. Le déficit du budget de la sécurité sociale, qui agit comme un boulet à la cheville de la France, en est un indice flagrant.
Si l'on tente de considérer les faits de manière globale, le français moyen est un individu qui n'a, pour ainsi dire, point de souci à se faire quant à sa condition sociale. Quoi qu'il entreprenne, quels que soit les risques qu'il décide d'encourir, il retombe sur ces pieds grâce aux divers outils que sont les ASSEDICs, les allocations familiales, l'assurance retraite, le RMI, etc. Certes, les autres pays pourvoient également ces outils, mais dans une proportion moins "intéressante" pour leurs citoyens respectifs. Il est à remarquer, par ailleurs, que cette mosaïque française des structures de protection sociale constitue un bataillon ayant certes fréquemment combattu les vices et injustices économiques, mais ayant néanmoins entamé chez le citoyen français moyen son ambition et son désir d'excellence sur le plan professionnel.
Le Français est donc fort confortablement installé dans son cocon social et dans un tel cadre, l'irruption du CPE -avec tous les excès qu'il couve de surcroît- constitue un véritable bélier enfoncé dans la muraille de la forteresse sécuritaire. La résistance s'organise, s'agite, parfois pacifique, trop souvent violente, mais les brèches qui apparaissent sur la muraille promettent l'assiégement proche de la forteresse.
La France est-elle toujours en 2006? J'entends par là, sa réaction allergique au CPE ne révèle-t-elle pas sa situation anachronique? A trop vouloir faire l'exception, n'est-elle pas tombée dans l'obsolescence, pire la désuétude, celle des dernières cendres d'un feu de bois qui longtemps permit de réchauffer les ménages français?
Depuis bien une vingtaine d'année, l'Etat-providence semble peiner à soumettre les preuves de sa justification économique. Si bien que de nombreuses puissances, à l'instar des Etats-Unis, lui préfèrent l'Etat-gendarme ne limitant ses responsabilités qu'aux strictes fonctions régaliennes. Ce second système serait plus adapté aux exigences économiques d'un point de vue mondial et pour ainsi dire libre-échangiste.
Friedrich Von Hayek, économiste autrichien du 20è siècle, récuse la notion de justice sociale. Pour lui, "la société est si complexe qu'il est absurde de qualifier la situation d'un individu de juste ou d'injuste car les causes infinies de cette situation nous échappent. Personne ne peut être tenu pour responsable de la misère sociale d'un autre, et il n'y a donc pas lieu de fournir des réparations. Face à cette complexité de la société, l'Etat ne peut promouvoir de manière pertinente une quelconque justice sociale".
Le problème de cette théorie, bien qu'elle soit partiellement pertinente, est qu'elle occulte la notion de devoir de l'Etat envers ses citoyens et donc envers la nation. L'Etat est, à mon sens, supposé assurer un seuil de condition sociale minimum à ses citoyens. C'est à lui que revient en dernier ressort cette responsabilité quand les facteurs économiques en jeu ne favorisent pas ce bien-être social. Mais il est vrai qu'à trop le choyer, le citoyen en perd son autonomie. Sa capacité de résistance aux contraintes économiques s'en trouve amoindrie, ce qui à terme le plonge dans la frustration, et tend à "scotcher" l'économie de son pays dans la stagnation.
Une question arrive alors, déjà maintes fois posée: est-ce le social qui soutend l'économique ou est-ce l'économique qui soutend le social? C'est peut-être à cette question que pourra répondre l'application du CPE si ses résultats, qu'ils soient positifs ou négatifs, ont un impact majeur sur le social et/ou l'économique. Je pense que le CPE et les différents événements que suscite sa promulgation ont réussi à exacerber ce fait essentiel qu'une réforme n'est pas une fin en soi, mais un moyen. Il a également permis de constater jusqu'où pouvait aller la frilosité au changement du citoyen français, au delà bien sûr de la nature de ce changement. Traduit-il une incompréhension entre les politiques et le peuple? Je ne pense pas. Simplement, selon moi, une incompréhension entre la France et la planète Capitalismo.
Pour finir, quelques citations:
- "Cet Etat se veut si bienveillant envers ses citoyens, qu'il entend se substituer à eux dans l'organisation de leur propre vie. Ira-t-il jusqu'à les empêcher de vivre pour mieux les protéger d'eux-mêmes?"
- "Le plus grand soin d'un bon gouvernement devrait être d'habituer peu à peu les peuples à se passer de lui."
- "L'Etat a non seulement une mission défensive visant à protéger les droits existants, mais également celle de promouvoir positivement par des institutions appropriées et en utilisant les moyens de la collectivité dont il dispose, le bien-être de tous ses membres et notamment des faibles et des nécessiteux."
N.B.:
Ce post ne vise bien évidemment pas à heurter les sensibilités politiques des lecteurs de THE BLOG, juste à tenter de faire une analyse d'un point de vue global ou mondial de la situation économique de la France, au regard des derniers faits marquants de son actualité.
23 octobre 2005
Ceuta et Melilla: Honte sur nos dirigeants
Bonsoir, ce message est rédigé par Wistiti.
Cela fait quelques jours que toutes les télévisions occidentales nous montrent les images insoutenables des « clandestins africains » qui viennent se fracasser avec la dernière énergie du désespoir sur les murs en barbelés de Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles au maroc. Les plus courageux ou plutôt les plus suicidaires eux n’hésitent pas un instant à prendre la mer sur des embarcations de fortune, confectionnés par leurs soins ou par des passeurs sans foi ni loi et surtout sans âme ni humanité, qui font fortune sur l’infortune de ces malheureux.
Tous, que ça soit ceux qui prennent la mer ou ceux qui essaient d’escalader les clôtures savent très bien que le chemin qu’ils prennent est un chemin à sens unique, un chemin sans retour. IL ne faut en aucun cas retourner sur ses pas, ça doit passer ou ça doit casser se répètent inlassablement. Ils réessayeront autant de fois qu’il faudra. Ils sont convaincus qu’ils n’ont que deux choix : la réussite ou la mort. Beaucoup des ces africains viennent de passer deux ans ou plus au Maroc à essayer jour après jour, échec après échec. Après avoir traversé le désert Algérien au péril de leurs vies ; escroqués, humiliés, violés pendant tout leur voyage, par les passeurs d’abord ; les policiers et les gardes frontières ensuite, ils sont enfin arrivés au Maroc exténués et sans rien, sauf l’espoir de traverser avec une conviction inébranlable. Ils croient que c’est grâce à Dieu qu’ils sont encore en vie et que c’est grâce à Dieu qu’ils vont traverser. De toutes les façons, ils ne veulent et ne peuvent plus revivre ça, donc ils doivent passer en Espagne ou mourir. Ils sont déjà prêts moralement pour l’une ou l’autre solution.
L’Afrique devrait avoir honte d’avoir produit autant de désespoir dans sa jeunesse. De ne pouvoir rien offrir à ses enfants. Aucun dirigeant ne devrait plus dormir en voyant ses images, car c’est ça la cause de l’incompétence scandaleuse de nos dirigeants qu’on est arrivé là.
L’Afrique regorge de richesses, mais ses enfants sont de plus loin les plus pauvres du monde. Nos dirigeants roulent dans des Mercedes blindés hors de prix, se construisent des palais de marbres avec plomberie dorée, s’achètent des châteaux à travers le monde alors que le peuple meurt de faim. Mais quelle sorte de monstres nous dirigent-ils ? Ils sont insensibles et inhumains. Aujourd’hui aucun espoir n’est proposé à la jeunesse, demain ça sera encore pire. Leurs conditions de vie ne sont pas près de s’améliorer.
Si l’Afrique est pauvre aujourd’hui, nous les Africains sommes les plus grands responsables. Arrêtons de toujours chercher des responsables de nos malheurs, de nos carences, de nos manquements. Nous en sommes responsables et seuls.
Les guerres, c’est nous qui les faisons. Les pillages de nos économies et de nos patrimoines, le bradage de nos sous-sols, nous en sommes responsables. Tout ce qui arrive à l’Afrique, seuls ses fils et filles en sont responsables. Certes pas tous les africains, quelques africains avides de pouvoir et d’avoirs. Mais les autres, les bons et les gentils, que font-ils pendant tout ce temps ? C’est à se demander !
Martin Luther King disait « Ce qui me fait peur, ce n'est pas la haine des méchants, c'est l'indifférence des bons. » Alors c’est à nous seuls à changer cela. Certes ce n’est pas facile, mais essayons, ne soyons pas fatalistes !
« C'est utopique que vouloir changer le monde mais c'est criminel de ne pas essayer » disait Moncef Marzouki et j’ajoute ceci : On a et on aura les dirigeants qu’on mérite, alors ne nous étonnons pas du résultat. On connaît l’arbre sur ses fruits.
Si on accepte d’être gouverné par des dictateurs, des criminels, des génocidaires, des ignorants et mégalomanes, des pilleurs etc.…Alors, les enfants africains ont encore des jours d’errances à travers les déserts et continueront aller se suicider dans les eaux profondes des mers et océans avec l’espoir de trouver mieux sous d’autres cieux.
Wistiti
25 septembre 2005
L'immigration
Débat très intéressant ce soir sur France 5, dans l'émission "Ripostes". Le sujet était - en gros - l'immigration. Rien de bien neuf à apprendre sur le sujet. Les idées étaient peu originales. A l'inverse, j'ai eu la curiosité de lire les commentaires des téléspectateurs sur le forum internet de l'émission. Très instructif. Non que je fus surpris, au contraire. Mais il est toujours frappant de voir la réalité en face. A consulter absolument...http://forums.france5.fr/ripostes/Lessanspapiers/liste_sujet-1.htm
24 septembre 2005
Women in prison: Assata Shakur.
At first, the following text is interesting because it deals with a major issue, that is rarely tackled by the media. Next, its author, Assata Shakur, Tupac's godmother, is, as far as I am concerned, a remarkable woman. What a background for Tupac...
" Editors note: When hip-hop cultures rap icon Tupac Shakur was about 2 years old, his godmother Assata Shakur was sent to prison. In 1978, (Tupac would have been about 7 years old), she wrote the following about how life is for women in prison. We sit in the bull pen. We are all black. All restless. And we are all freezing. When we ask, the matron tells us that the heating system cannot be adjusted. All of us, with the exception of a woman, tall and gaunt, who looks naked and ravished, have refused the bologna sandwiches. The rest of us sit drinking bitter, syrupy tea. The tall, fortyish woman, with sloping shoulders, moves her head back and forth to the beat of a private tune while she takes small, tentative bites out a bologna sandwich. Someone asks her what she’s in for. Matter of factly, she says, “They say I killed some nigga. But how could I have when I’m buried down in South Carolina South Carolina South Carolina Lucille comes to my tier to ask me how much time a “C” felony conviction carries. I know, but i cannot say the words. I tell her i will look it up and bring the sentence charts for her to see. I know that she has just been convicted of manslaughter in the second degree. I also know that she can be sentenced up to fifteen years. I knew from what she had told me before that the District Attorney was willing to plea bargain: Five years probation in exchange for a guilty pleaø a lesser charge. Her lawyer felt that she had a case: specifically, medical records which would prove that she had suffered repeated physical injunes as the result of beatings by the deceased and, as a result of those beatings, on the night of her arrest her arm was mutilated (she must still wear a brace on it) and one of her ears was partially severed in addition to other substantial injunes Her lawyer felt that her testimony, when she took the stand in her own defense, would establish the fact that not only had she been repeatedly beaten by the deceased, but that on the night in question he told her he would kill her, viciously beat her and mauled her with a knife. But there is no self defense in the state of New York The District Attorney made a big deal of the fact that she drank. And the jury, affected by t.v. racism, “law and order”, petrified by crime and unimpressed with Lucille as a “responsible citizen,” convicted her. And i was the one who had to tell her that she was facing fifteen years in prison while we both silently wondered what would happen to the four teenage children that she had raised almost single-handedly. Spikey has short time, and it is evident, the day before she is to be released, that she does not want to go home. She comes to the Bing (Administrative Segregation) because she has received an infraction for fighting. Sitting in front of her cage and talking to her i realize that the fight was a desperate, last ditch effort in hope that the prison would take away her “good days.” She is in her late thirties. Her hands are swollen. Enormous. There are huge, open sores on her legs. She has about ten teeth left. And her entire body is scarred and ashen. She has been on drugs about twenty years. Her veins have collapsed. She has fibrosis epilepsy and edema. She has not seen her three children in about eight years. She is ashamed to contact home because she robbed and abused her mother so many times. When we talk it is around the Christmas holidays and she tells me about her bad luck. She tells me that she has spent the last four Christmases in jail and tells me how happy she is to be going home. But i know that she has no where to go and that the only “friends” she has in the world are here in jail. She tells me that the only regret she has about leaving is that she won’t be singing in the choir at Christmas. As i talk to her i wonder if she will be back. I tell her good bye and wish her luck. Six days later, through the prison grapevine, i hear that she is back. Just in time for the Christmas show. We are at sick call. We are waiting on wooden benches in a beige and orange room to see the doctor. Two young women who look only mildly battered by life sit wearing pastel dresses and pointy-toed state shoes. (Wearing “state” is often a sign that the wearer probably cannot afford to buy sneakers in commissary.) The two are talking about how well they were doing on the street. Eavesdropping, i find out that they both have fine “old men” that love the mess out of them. I find out that their men dress fly and wear some baad clothes and so do they. One has 40 pairs of shoes while the other has 100 skirts. One has 2 suede and 5 leather coats. The other has 7 suedes and 3 leathers. One has 3 mink coats, a silver fox and a leopard. The other has 2 minks, a fox jacket, a floor length fox and a chinchilla. One has 4 diamond rings and the other has 5. One lives in a duplex with a sunken tub and a sunken living room with a water fall. The other describes a mansion with a revolving living room. I’m relieved when my name is called. I had been sitting there feeling very, very sad. There are no criminals here at Riker’s Island Correctional Institution for Women, ( New York There are no big time gangsters here, no premeditated mass murderers, no godmothers. There are no big time dope dealers, no kidnappers, no Watergate women. There are virtually no women here charged with white collar crimes like embezzling or fraud. Most of the women have drug related cases. Many are charged as accessories to crimes committed by men. The major crimes that women here are charged with are prostitution, pick-pocketing, shop lifting, robbery and drugs. Women who have prostitution cases or who are doing “fine” time make up a substantial part of the short term population. The women see stealing or hustling as necessary for the survival of themselves or their children because jobs are scarce and welfare is impossible to live on. One thing is clear: amerikan capitalism is in no way threatened by the women in prison on Riker’s Island One gets the impression, when first coming to Riker’s Island Instead of bars the cells have doors which are painted bright, optimistic colors with slim glass observation panels. The doors are controlled electronically by the guards in the bubble. The cells are called rooms by everybody. They are furnished with a cot, a closet, a desk, a chair, a plastic upholstered headboard that opens for storage, a small book case, a mirror, a sink and a toilet. The prison distributes brightly colored bedspreads and throw rugs for a homey effect. There is a school area, a gym, a carpeted auditorium, two inmate cafeterias and outside recreation areas that are used during the summer months only. The guards have successfully convinced most of the women that Riker’s Island Island This image is further reinforced the pseudo-motherly attitude many of the guards; a deception which all too often successfully reverts women children. The guards call the women inmates by their first names. The women address the guards either as Officer, Mis --- or by nicknames, (Teddy Bear, Spanky, Aunt Louise, Squeeze, Sarge, Black Beauty, Nutty Mahogany, etc.). Frequently, when a woman returns to Riker’s she will make the rounds, gleefully embracing her favorite guard: the prodigal daughter returns. If two women are having a debate about any given topic the argument will often be resolved by “asking the officer.” The guards are forever telling the women to “grow up,” to “act like ladies,” to “behave” and to be “good girls.” If an inmate is breaking some minor rule like coming to say “hi” to her friend on another floor or locking in a few minutes late, a guard will say, jokingly, “don’t let me have to come down there and beat your butt.” It is not unusual to hear a guard tell a woman, “what you need is a good spanking.” The tone is often motherly, “didn’t I tell you, young lady, to…”; or, “you know better than that”; or, “that’s a good girl.” And the women respond accordingly. Some guards and inmates “play” together. One officer’s favorite “game” is taking off her belt and chasing her “girls” down the hall with it, smacking them on the butt. But beneath the motherly veneer, the reality of guard life is every present. Most of the guards are black, usually from working class, upward bound, civil service oriented backgrounds. They identify with the middle class, have middle class values and are extremely materialistic. They are not the most intelligent women in the world and many are extremely limited. Most are aware that there is no justice in the amerikan judicial system and that blacks and Puerto Ricans are discriminated against in every facet of amerikan life. But, at the same time, they are convinced that the system is somehow “lenient.” To them, the women in prison are “losers” who don’t have enough sense to stay out of jail. Most believe in the boot strap theory - anybody can “make it” if they try hard enough. They congratulate themselves on their great accomplishments. In contrast to themselves they see the inmate as ignorant, uncultured, self-destructive, weak-minded and stupid. They ignore the fact that their dubious accomplishments are not based on superior intelligence or effort, but only on chance and a civil service list. Many guards hate and feel trapped by their jobs. The guard is exposed to a certam amount of abuse from co-workers, from the brass as well as from inmates, ass kissing, robotizing and mandatory overtime. (It is common practice for guards to work a double shift at least once a week.) But no matter how much they hate the military structure, the infighting, the ugliness of their tasks, they are very aware of how close they are to the welfare lines. If they were not working as guards most would be underpaid or unemployed. Many would miss the feeling of superiority and power as much as they would miss the money, especially the cruel, sadistic ones. The guards are usually defensive about their jobs and indicate by their behavior that they are not at all free from guilt. They repeatedly, compulsively say, as if to convince themselves, “This is a job just like any other job.” The more they say it the more preposterous it seems. The major topic of conversation here is drugs. Eighty percent of inmates have used drugs when they were in the street. Getting high is usually the first thing a woman says she’s going to do when she gets out. In prison, as on the streets, an escapist culture prevails. At least 50 percent of the prison population take some form of psychotropic drug. Elaborate schemes to obtain contraband drugs are always in the works. Days are spent in pleasant distractions: soap operas, prison love affairs, card playing and game playing. A tiny minority are seriously involved in academic pursuits or the learning of skills. An even smaller minority attempt to study available law books. There are no jail house lawyers and most of the women lack knowledge of even the most rudimentary legal procedures. When asked what happened in court, or, what their lawyers said, they either don’t know or don’t remember. Feeling totally helpless and totally railroaded a woman will curse out her lawyer or the judge with little knowledge of what is being done or of what should be done. Most plead guilty, whether they are guilty or not. The few who do go to trial usually have lawyers appointed by the state and usually are convicted. Here, the word lesbian seldom, if ever, is mentioned. Most, if not all, of the homosexual relationships here involve role playing. The majority of relationships are either asexual or semi-sexual. The absence of sexual consummation is only partially explained by prison prohibition against any kind of sexual behavior. Basically the women are not looking for sex. They are looking for love, for concern and companionship. For relief from the overwhelming sense of isolation and solitude that pervades each of us.
Women who are “aggressive” or who play the masculine roles are referred to as butches, bulldaggers or stud broads. They are always in demand because they are always in the minority. Women who are “passive,” or who play feminine roles are referred to as fems. The butch-fem relationships are often oppressive, resembling the most oppressive, exploitative aspect of a sexist society. It is typical to hear butches threatening fems with physical violence and it is not uncommon for butches to actually beat their “women.” Some butches consider themselves pimps and go with the women who have the most commissary, the most contraband or the best outside connections. They feel they are a class above ordinary women which entitles them to “respect.” They dictate to fems what they are to do and many insist the fems wash, iron, sew and clean their cells for them. A butch will refer to another butch as “man.” A butch who is well liked is known as “one of the fellas” by her peers. Once in prison changes in roles are common. Many women who are strictly heterosexual in the street become butch in prison. “Fems” often create butches by convincing an inmate that she would make a “cute butch.” About 80 percent of the prison population engage in some form of homosexual relationship. Almost all follow negative, stereotypic male/ female role models. There is no connection between the women’s movement and lesbianism. Most of the women at Riker’s Island The black liberation struggle is equally removed from the lives of women at Riker’s. While they verbalize acute recognition that amerika is a racist country where the poor are treated like dirt they, nevertheless, feel responsible for the filth of their lives. The air at Riker’s is permeated with self-hatred. Many women bear marks on their arms, legs and wrists from suicide attempts or self-mutilation. They speak about themselves in self-deprecating terms. They consider themselves failures. While most women contend that whitey is responsible for their oppression they do not examine the cause or source of that oppression. There is no sense of class struggle. They have no sense of communism, no definition of it, but they consider it a bad thing. They do not want to destroy Rockefella. They want to be like him. Nicky Barnes, a major dope seller, is discussed with reverence. When he was convicted practically everyone was sad. Many gave speeches about how kind, smart and generous he was; no one spoke about the sale of drugs to our children. Politicians are considered liars and crooks. The police are hated. Yet, during cop and robber movies, some cheer loudly for the cops. One woman pasted photographs of Farrah Fawcett Majors all over her cell because she “is a baad police bitch.” Kojak and Barretta get their share of admiration. A striking difference between women and men prisoners at Riker’s Island While men in prison struggle to maintain their manhood there is no comparable struggle by women to preserve their womanhood. One frequently hears women say, “Put a bunch of bitches together and you’ve got nothin but trouble”; and, “Women don’t stick together, that’s why we don’t have nothin.” Men prisoners constantly refer to each other as brother. Women prisoners rarely refer to each other as sister. Instead, “bitch” and “whore” are the common terms of reference. Women, however, are much kinder to each other than men, and any form of violence other than a fist fight is virtually unknown. Rape, murder and stabbings at the women’s prison are non-existent. For many, prison is not that much different from the street. It is, for some, a place to rest and recuperate. For the prostitute prison is a vacation from turning tricks in the rain and snow. A vacation from brutal pimps. Prison for the addict is a place to get clean, get medical work done and gain weight. Often, when the habit becomes too expensive, the addict gets herself busted, (usually subconsciously) so she can get back in shape, leave with a clean system ready to start all over again. One woman claims that for a month or two every year she either goes jail or to the crazy house to get away from her husband. For many the cells are not much differt from the tenements, the shooting galleries and the welfare hotels they live in on the street. Sick call is no different from the clinic or the hospital emergency room. The fights are the same except they are less dangerous. The police are the same. The poverty is the same. The alienation is the same. The racism is the same. The sexism is the same. The drugs are the same and the system is the same. Riker’s and is just another institution. In childhood school was their prison, or youth houses or reform schools or children shelters or foster homes or mental hospitals or drug programs and they see all institutions as indifferent to their needs, yet necessary to their survival. The women at Riker’s Island come there from places like Harlem, Brownsville South Jamaica There are no politicians to trust. No roads to follow. No popular progressive culture to relate to. There are no new deals, no more promises of golden streets and no place else to migrate. My sisters in the streets, like my sisters at Riker’s Island What of our Past? What of our History? What of our Future? I can imagine the pain and the strength of my great great grandmothers who were slaves and my great great grandmothers who were Cherokee Indians trapped on reservations. I remembered my great grandmother who walked every where rather than sit in the back of the bus. I think about North Carolina Women who delivered babies, searched for healing roots and brewed medicines. Women who darned sox and chopped wood and layed bricks. Women who could swim rivers and shoot the head off a snake. Women who took passionate responsibility for their children and for their neighbors’ children too. The women in my grandmother’s generation made giving an art form. “Here, gal, take this pot of collards to Sister Sue”; “Take this bag of pecans to school for the teacher”; “Stay here while I go tend Mister Johnson’s leg.” Every child in the neighborhood ate in their kitchens. They called each other sister because of feeling rather than as the result of a movement. They supported each other through the lean times, sharing the little they had. The women of my grandmother’s generation in my home town trained their daughters for womanhood. They taught them to give respect and to demand respect. They taught their daughters how to churn butter; how to use elbow grease. They taught their daughters to respect the strength of their bodies, to lift boulders and how to kill a hog; what to do for colic, how to break a fever and how to make a poultice, patchwork quilts, plait hair and how to hum and sing. They taught their daughters to take care, to take charge and to take responsibility. They would not tolerate a “lazy heifer” or a “gal with her head in the clouds.” Their daughters had to learn how to get their lessons, how to survive, how to be strong. The women of my grandmother’s generation were the glue that held family and the community together. They were the backbone of the church. And of the school. They regarded outside institutions with dislike and distrust. They were determined that their children should survive and they were committed to a better future. I think about my sisters in the movement. I remember the days when, draped in African garb, we rejected our foremothers and ourselves as castrators. We did penance for robbing the brother of his manhood, as if we were the oppressor. I remember the days of the Panther Party when we were “moderately liberated.” When we were allowed to wear pants and expected to pick up the gun. The days when we gave doe-eyed looks to our leaders The days when we worked like dogs and struggled desperately for the respect which they struggled desperately not to give us. I remember the black history classes that did mention women and the posters of our “leaders” where women were conspicuously absent We visited our sisters who bore the complete responsibility of the children while the Brotha was doing his thing. Or had moved on to bigger and better things. I Most of us rejected the white women’s movement. Miss ann was still Miss ann to us whether she burned her bras or not. We could not muster sympathy for the fact that she was trapped in her mansion and oppressed by her husband. We were, and still are, in a much more terrible jail. We knew that our experiences as black women were completely different from those of our sisters in the white women’s movement. And we had no desire to sit in some consciousness raising group with white women and bare our souls. Women can never be free in a country that is not free. We can never be liberated in a country where the institutions that control our lives are oppressive. We can never be free while our men are oppressed. Or while the amerikan government and amerikan capitalism remain intact. But it is imperative to our struggle that we build a strong black women’s movement. It is imperative that we, as black women, talk about the experiences that shaped us; that we assess our strengths and weaknesses and define our own history. It is imperative that we discuss positive ways to teach and socialize our children. The poison and pollution of capitalist cities is choking us. We need the strong medicine of our foremothers to make us well again. We need their medicines to give us strength to fight and the drive to win. Under the guidance of Harriet Tubman and Fannie Lou Hamer and all of our foremothers, let us rebuild a sense of community. Let us rebuild the culture of giving and carry on the tradition of fierce determination to move on closer to freedom." Assata Shakur / Joanne Chesimard Published in The Black Scholar, April 1978
23 septembre 2005
Brocante au PS
Ce midi, je me suis rendue à la brocante qui s'organisait au 10 rue Solférino à Paris, siège social de la firme PS. Plusieurs babioles y étaient exposées, mais neuf articles ont attiré mon attention. Ils étaient disposés là, un peu en vrac, chacun occupant une place plutôt confinée à côté de ses voisins. On pouvait aisément s'imaginer qu'ils se battaient entre eux pour se faire un peu d'espace. Je les passai en revue un par un pour mieux les examiner.
Les deux premiers articles étaient pour le moins vieillots. Cependant, nul ne perdait la conviction qu'ils avaient encore toute l'énergie et le charme nécessaires pour séduire les vagabonds errants de la rue Solférino. Le brocanteur m'indiqua leurs noms: le premier Jack Lang, le second Bernard Kouchner. Ils avaient servi plusieurs causes souvent nobles. Sans doute ont-ils la naïveté de croire que cela suffit pour plaire en politique.
L'article n°3 avait meilleure allure. Répondant au nom de Dominique Strauss-Kahn, il avait longtemps servi, mais avait rarement déçu et donc conservait tout son statut de valeur sure. Lui aussi était titulaire à l'élection de quelques promeneurs penauds comme moi.
Puis mon regard dévia vers l'article n°4, un article assez mystérieux. Il était fêlé à certains endroits bien qu'il ne m'avait pas l'air aussi vieux que les trois premiers. Sans doute avait-il pris quelques coups malencontreux, au nombre de 35 peut-être. Quand je demandai au brocanteur comment il s'appelait, il me répondit que PS l'avait nommé Martine Aubry.
Continuant mon inspection, je tombe sur l'article n°5, qui était une antiquité. Une véritable pièce de collection. Son fabricant lui avait donné le nom de Lionel Jospin. Il fut à une époque véritablement à la mode, mais un soir du mois d'avril 2002, un cyclone est venu tout balayer sur son passage, lui en premier. On a baptisé le cyclone Lepen. Le brocanteur m'informa que depuis lors, la firme PS a eu beaucoup de mal à récupérer les morceaux de Lionel Jospin atomisés. Elle tente encore aujourd'hui de le rénover, mais ça reste difficile de lui rendre l'apparence qu'il avait à une certaine époque. Ce cyclone marquera le début d'une longue descente aux enfers de la firme.

L'article 6 était pour le moins la trouvaille de la firme PS la plus originale. Henri Emmanuelli était un autre type d'antiquité, un spécimen dont on a beau essayé de lui redonner bonne mine, rien n'y fait. Il reste le même produit pâlot, renfrogné. Certes ce produit a été quelque temps refusé sur le marché, ce qui n'a pas oeuvré à la bonne image de la firme. Mais tout de même, maintenant qu'il est en selle, il pourrait cesser de se plaindre sans arrêt, et réapprendre à parler distinctement, parvenir à former une phrase complète sans buter.
Passons à l'article n°7. Austère, boudeur à ses heures. Aimant faire bande à part. Bref, ne mariant pas toujours avec ce qui l'entoure. Il connut lui aussi son temps de gloire, mais une fois celui-ci révolu, il avait sombré dans l'incompréhension de ses pairs, l'oubli même parfois. Il s'appelle Laurent Fabius. Certains collectionneurs se sont accrochés à lui, certains qu'il n'a pas encore dit son dernier mot. Si bien qu'ils pensent même que le visage que l'on découvrira sur les écrans de télévision un soir de mai 2007 pourrait bien être le sien.
L'article n°8 ne me plaisait pas particulièrement. Il me donnait l'impression de s'être usé bien trop vite sans n'avoir jamais servi. Apparemment, la stratégie du PS est de continuer à miser sur ce produit, mais à bas prix. Le brocanteur, un spécialiste, confirma que François Hollande n'était pas le meilleur produit de la firme PS.
Le plus neuf de tous, l'article n°9, portait lui aussi la marque PS, et avait été construit il n'y a guère longtemps. Mais un défaut de fabrication faisait que pour s'en servir, on était obligé de l'utiliser avec l'article n°8. Son nom: Ségolène Royal. Bon, c'est vrai que l'article est mignon, en tout cas un peu plus frais que les huit autres. Néanmoins, il gagnerait à prendre son envol seul, sans avoir à utiliser la béquille Hollande.
La balade rue Solférino fut donc plaisante, bien qu'elle aurait gagné à ne pas être une vile cacophonie. Neuf prétendants pour un seul poste de candidat en 2007!! Eux-mêmes s'y perdent, alors combien de fois moi.
En tout cas, pour ceux que cela importe peu, ils peuvent se réjouir, il y en a pour tous les goûts et c'est pas cher! Voilà apparemment ce à quoi en est réduit le Parti Socialiste.
08 juillet 2005
Saint François-Xavier est mort...
Einstein, qui savait de quoi il parlait, disait: "remettre en cause des privilèges acquis, pour accéder à un niveau supérieur d'objectivité, est un signe de véritable intelligence". Cette phrase - qui est un peu l'équivalent du "penser contre soi-même" de Péguy et Sartre - est l'une de mes préférées, car elle me semble, en peu de mots, résumer, de façon remarquable, un concept pour le moins abstrait. Elle me parait en tout cas représentative de la vie et de l'engagement d'un Grand Homme, décédé le 29 juin dernier de suite d'un cancer du pancréas: François-Xavier Verschave. Alors, comment parler, en quelques mots, de l'oeuvre d'une personne qui me domine autant, que j'apprécie à ce point?
J'ai choisi ce biais, qui vaut ce qu'il vaut, mais qui,de mon point de vue, symbolise assez bien à la fois son travail, mais aussi éclaire sur la qualité de son intelligence (selon la définition Einsteinienne).
" Il existe un pays où, depuis depuis son palais, le chef de l'Etat recrute librement des mercenaires et pilote des guerres civiles sur un autre continent. Ce livre donne des noms, des dates, des témoignages.
Il existe un pays qui attise les conflits ethniques et déverse des armes sur des régions à feu et à sang, pour rester maître du seul vrai pouvoir: l'argent. Ce livre raconte ces crimes sans tribunal.
Il existe un pays qui, pour défendre ses intérêts, autorise ses services spéciaux à s'allier, en terre étrangère, avec les réseaux mafieux et les milices d'extrême-droite. Ce livre recoupe les enquêtes en France et à l'étranger pour démonter l'engrenage.
Il existe un pays où un candidat à l'élection présidentielle, deux fois ministre de l'intérieur, peut s'appuyer, en toute impunité, sur les circuits des casinos et des ventes d'armes. Ce livre donne des clés pour comprendre son ascension et son pouvoir
Il existe un pays qui, loin de ses frontières, truque des élections et couvre l'assassinat de ses propres coopérants. Ce livre permet de comprendre la logique de ce monde absurde.
Ce pays, c'est la France. Le continent humilié, c'est l'Afrique. Leur liaison incestueuse, c'est la Françafrique ". Tout est dit dans cet extrait de la quatrième page de couverture du livre " Noir Silence" de F.X. Verschave. Au passage, F.X. est l'homme qui a imposé l'expression " Françafrique" auprès du grand public. Vocable initialement employé par Houphouët Boigny. Il est l'auteur de plusieurs livres de la même facture. Son dernier - que je n'ai pas encore lu mais ça ne saurait tarder -, tout récemment publié, et dont il s'est occupé jusqu'au bout malgré la maladie, est intitulé " Négrophobie" . Il est une réponse au livre nauséabond du soi-disant-journaliste-mais-plus-exactement-propagandiste du "Monde", Stephen Smith - " Négrologie". Certainement l'un des journalistes les plus incompétents de sa génération, il faut le faire! . F.X. était, très clairement, un héros des temps modernes. Courageux - il en fallait - , désintéressé, téméraire, in-te-lli-gent. L'Afrique est en deuil, beaucoup d'africains pleurent, une certaine France est meurtrie. Un grand africain est mort. J'aurais aimé pouvoir écrire "un grand français", mais il était trop "Grand" pour le "pays des droits de l'homme[blanc]". Quoiqu'il en soit, il demeurera pour "nous" une référence , une conscience. "Nous" - Vous non plus - ne dirons pas que nous ne savions pas. Nous serions coupables. Nous le sommes déjà. Car la première des culpabilités est l'ignorance. François-Xavier Verschave est mort, mais il vit. Merci pour tout Monsieur...
