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14 août 2012

'Fragiles églantines' en vente

Photo de Couv Facebook

Ca y est. Il est sorti. Mon premier recueil de poèmes est enfin en vente. Il s'intitule 'Fragiles églantines'. Vous pouvez vous le procurer sur le site Amazon.fr.

Le recueil se veut une critique du style de vie moderne du début du 21ème siècle. Sur un ton grave mais dynamique, Fragiles églantines dépeint la vie citadine, celle des moteurs et des usines, celle aussi de l'indifférence et de la précipitation. Il se penche aussi sur des thèmes tels que le temps, la nature et les rapports humains. En cela, le recueil embrasse le nouveau siècle à grandes accolades, chaque poème pointant ci la désolation et là l'espérance qui caractérisent notre époque et ses crises. 

Le recueil est recommandé pour tous ceux qui se posent des questions sur le monde dans lequel on vit et sur le regard qu'on peut y porter. Chacun peut se retrouver dans les épisodes narrés au fil des vers. Il est ainsi audacieusement universel.


En voici un extrait:

La démarche accablée il évolue sur le goudron
Dur et froid sur lequel jadis les rhododendrons
A présent gelés et suffoquant, défiaient le décor
De taquineries dont seuls ils connaissaient les accords
 

J'espère vivement que vous le lirez et que vous me ferez part de vos commentaires.
A bientôt.

Posté par Tchim à 17:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]


29 janvier 2011

Mon Okonkwo

Mon Okonkwo
Ce soir, de longues guirlandes de pensées
Se couchent vers toi
Elles ne me quittent pas, elles tracent des trainées
D’amour pour me nouer à toi

Mon Okonkwo
J’ai les sens en douleur, en manque,
Mordus par les démangeaisons
Ton absence prolongée et sorcière
M’obstrue les pores de la raison

Mon Okonkwo
Dans cette pièce aux murs glacés
Mes ongles se crispent de ne pouvoir t’agripper
Dans les allées marchandes et fades
Mes paupières malades
Palpitent de ne pas te contempler

Mon Okonkwo
J’aimerais ce soir que mes mains recroquevillées
Se détendent lentement sur ton ventre doux
J’aimerais ce soir que mon nez excédé
Consomme la drogue de ton odeur d’acajou

Mon Okonkwo
Ce soir, mes oreilles en sanglots veulent écouter
La musique de ton téton qui bat
Ce soir, mes lèvres assoiffées veulent étancher
Leur envie dans ton cou de baobab

Mon Okonkwo
J’aimerais ce soir que mes hanches
Tendues et sensibles comme le tam-tam
Soient prises et comprises
Dans la vigueur de tes mains macadam

Mon Okonkwo
J’aimerais ce soir, mon Okonkwo,
Que ta peau, noire comme cette magie inconnue
S’allonge au côté du sourire larvé de mon cœur
Et épouse les vapeurs échappées de mon corps nu

Tchi Mbouani

Posté par Tchim à 23:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 août 2007

Passéisme sarkozien

Je viens de lire l'intégralité de l'allocation de Sarkozy prononcée à l'université à Dakar la semaine dernière et disponible via ce lien.
Je vous préviens, il faut s'accrocher fort, se cramponner profond pour ne pas être projeté 40 ans en arrière. J'ose croire que ça doit avoir été une énorme déception pour ces étudiants, alors si avides d'un discours qui se promettait novateur, plein d'espoir, de réalisme et d'ambitions, d'avoir assisté à une série d'enflures périmées, à un spectacle où ne manquaient que le noir et blanc des films des années 60. Ce discours est tellement postcolonialiste, que certains dans l'audience ont dû avoir l'impression d'avoir loupé le rendez-vous, un peu à la façon de l'étudiant qui se présente à un examen, découvre le sujet, et se rend compte qu'il s'est trompé de lieu d'examen, voire de jour. J'imagine leurs mines se décomposer à mesure que le discours s'étend, des façades qui s'effondrent, victimes du vertige des temps, du vertiges de l'anachronisme, surtout quand celui-ci est passéiste.

Allez, soyons honnête et moins lyrique, le discours comporte quelques bons passages. Si tu y enlèves les âneries et insultes qui le parsèment, tu obtiens un discours qui se vaut. Du coup, je me pose la question de savoir comment dans le même discours, on peut retrouver ça : "Je veux donc dire, à la jeunesse d'Afrique, que le drame de l'Afrique ne vient pas de ce que l'âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l'homme africain est aussi logique et raisonnable que l'homme européen.", qui est complètement inapproprié si on se rappelle qu'on est en 2007 et encore plus inapproprié de la part d'un Président de la République, et ça: "Le défi de l'Afrique, [...] C'est de s'approprier les droits de l'homme, la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice comme l'héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes. C'est de s'approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l'intelligence humaine. Le défi de l'Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s'enfermer parce qu'ils savent que l'enfermement est mortel." qui selon moi est très bon. Franchement, mais quelle mouche les a encore piqués, Sarkozy et ces rédacteurs de Sciences-Po ? Je ne comprends pas.

Je pense au fond que l'un des "risques" de ce discours, outre ses obscénités, c'est qu'il est tenu par un blanc. C'est dommage à dire, mais c'est une réalité fort péremptoire, l'angle, s'il est blanc ou noir, donnera deux aspects différents de la situation. D'ailleurs, le "Je ne suis pas venu, jeunes d'Afrique, vous donner des leçons." en milieu de discours m'a fait bien rire.
Un rédacteur dans un célèbre quotidien réclamait : "Cessons de vouloir sauver l'Afrique !". Je dis non. Car elle a besoin d'aide. Par contre, cessons de vouloir la sauver de manière indescente, absolument et prioritairement. Allez, je reconnais que j'élude la nuance voulue par le rédacteur, mais de telles imprécations appellent à la vigilence.

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28 juillet 2007

POUM

POUM

Je suis le diable, le diable. Personne n'en doit douter. Il n'y a qu'à me voir d'ailleurs, regarder moi si vous l'osez ! Noir, d'un noir roussi par les feux de la géhenne, les yeux verts poison, veinés de brun, comme les fleurs de la jusquiame. J'ai des cornes de poils blancs qui fusent hors de mes oreilles, et des griffes, des griffes, des griffes, combien de griffes ? Je ne sais pas. Cent mille peut-être. J'ai une queue plantée de travers, maigre, mobile, impérieuse, expressive, pour tout dire diabolique.

Je suis le diable et je vais commencer mes diableries sous la lune montante parmi l'herbe bleue et les roses violacées. Gardez-vous, si je chante trop haut, de mettre le nez à la fenêtre ! Vous pourriez mourir soudain de me voir sur le faîte du toit, assis tout noir au centre de la lune.   

Colette

Ce poême, je l'ai appris quand j'étais en CE2, j'avais alors 7 ans. Je m'en rappelle aujourd'hui comme si c'était hier. C'est étrange ce que la mémoire peut nous réserver parfois. Elle peut être un grenier très rangé par ci, fort désordonné par là. Allez savoir pourquoi.

Apparemment, cela fait 18 ans que je dépoussière et nettoie le même compartiment. En effet, régulièrement je me prends à vérifier que j'ai toujours le poême en tête. Et chaque fois, il trône dans mon grenier, sans une ride, impeccable de longévité. Je me suis donc décidé de faire le maximum pour conserver l'endroit: je vais le polir, le cirer, le rénover, le décorer; ça ne pourra qu'ajouter à son endurance déjà remarquable. Demain, je m'en irai acheter un costume de diable, et je m'amuserai à l'enfiler, je m'entraînerai à réciter le poême avec les gestes les plus démonstratifs, les mimiques les plus grandiloquentes, le ton le plus théâtral.
Puis, une fois prête, je trouverai un public intéressé de visiter les alcôves reculées de mon grenier, curieux d'assister à l'extraction des sédiments profonds de ma mémoire.

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07 juillet 2007

Ten Canoes

Ten_CanoesUn ingrédient que j'aime particulièrement dans les films: l'authenticité. Je suis allée voir il y a deux jours Ten Canoes, une très bonne production australienne racontant le quotidien des aborigènes d'Australie. Ce film est inconstestablement un chantre de l'authenticité dans le cinéma.
Le narrateur séduit d'entrée de jeu avec son accent exotique et son humour sain. Son objectif est de nous raconter une histoire simple, une fable, dont le sujet principal est la relation hommes-femmes, comme il en existe depuis des éternités. Mais le narrateur sait que son histoire va intéresser l'auditeur. Pourquoi? Parce qu'elle est particulière. Son contexte: l'Australie, non pas la moderne Australie très développée et très industrialisée, mais celle des Aborigènes, plus en retrait, moins exposée. Plus différente aussi, je dirais même à l'opposé de nos modes de vie occidentaux.
Personnellement -et c'est sans doute ce qui fait toute l'énigmatique des peuples aborigènes ou des peuples pigmées-, ce film m'a donné l'impression de voir une histoire ancienne, vécue il y a plusieurs siècles. Très régulièrement me fallait-il me rappeler que cette histoire est bel est bien actuelle, elle s'est passée il n'y a pas si longtemps, se passe en ce moment et se passera demain; dans ce même contexte, ce même environnement verdoyant, vierge de toute cimentatisation, de tout bulldozer, mais aussi vierge de toute industrialisation, de toute avancée technologique.
C'est assez fascinant comme, grâce au film, on peut se rendre compte que le progrès social est asymétrique du progrès économique, lui-même asymétrique du progrès technique. L'organisation sociale a existé de tout temps et force est de constater qu'elle est un élément nécessaire à la survie d'une communauté ou d'un peuple. La hiérarchie, si contestable qu'elle puisse être parfois, est néanmoins vitale. Le film nous le démontre d'une manière très simple, très authentique. J'aime beaucoup.

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05 juillet 2007

Je suis Pourpre Fluo, et alors?

Dans un cours de médecine, le professeur demande à une étudiante:
"Qu'est-ce qui chez l'homme augmente sept fois de volume quand on l'excite?"
La jeune fille est rouge de confusion et ne réussit pas à s'exprimer. Le professeur se rend compte de son trouble.
"Eh bien mademoiselle, reprend-il, c'est l'iris de l'oeil. Et pour ce à quoi vous pensez, permettez-moi de vous mettre en garde. Vous risquez d'aller devant de grosses désillusions."

C'est pareil pour les Noirs. Si on demande à une classe d'élèves infirmières blanches: qu'est-ce qui est long est dur chez les Noirs - notamment les Camerounais - à Paris, nous savons que très peu répondront que ce sont les études. Pourtant, c'est la réponse la plus juste. Et pour ceux à quoi elles penseront, celles qui tenteront l'expérience pourraient être déçues. Il ne faut pas croire ce que l'on entend.

Ces deux paragraphes sont tirés du livre Je suis Noir et je n'aime pas le magnoc écrit par le Camerounais Gaston Kelman, et qui pour moi est un ramassis d'inepties. A vrai dire, les deux paragraphes plus hauts ne sont pas complètement à la lueur du contenu du livre. Ils sont plutôt un échantillon court et soft des petites blagues pas marrantes que l'écrivain s'est inventé et qui parcourent avec beaucoup de mauvais goût le bouquin. Non, les inepties que l'on ramasse dans ce livre sentent le négationisme de l'Afrique, le doute sur son identité, la honte d'être Noir, la reconnaissance en substance de l'existence d'une race supérieure (blanche en l'occurence). En outre, ce bouquin sortit en 2003, donc il n'y a pas si longtemps, ronfle, assome le lecteur d'une fatigue narcoleptique tant le discours s'épanche en clichés aussi nombreux que sommaires sans jamais rien n'apporter de nouveau.

Allez osons, ce bouquin est en fait attardé. Son vrai problème, c'est qu'il se mange la queue comme un imbécile. L'objectif de Kelman est assurément de dénoncer les préjugés et certitudes inconscients qui hantent nos pensées et opinions. Cependant, à les dénoncer aussi machinalement qu'il le fait, l'auteur Camerounais finit par verser lui-même dans ces clichés. En effet, il faut les avoir trop bien fabriqués soi-même pour pouvoir les dénoncer aussi gratuitement. Voyez cet extrait par exemple:
Chaque fois qu'ils [enfants d'origine africaine vivant en France] entendent parler de l'Afrique, c'est toujours d'une manière ou d'une autre, à propos de catastrophes. Ce sont les pandémies, la faim, les guerres, les coups d'Etat. Parfois, ce continent supposé les attirer et leur être cher y est présenté par les parents comme un lieu de punition: "Si tu n'es pas sage, je t'envoie en Afrique." C'est comme si dans mon enfance, je n'avais rien demandé d'autre que d'aller en enfer, ce même enfer dont le prêtre, le catéchiste et mes parents me menaçaient si je mentais.
Excuse-moi Gaston, mais pas la peine de te cacher derrière le fait que tous s'adressent à leurs enfants de la sorte et non seulement toi. Car c'est FAUX ! Et ces parents qui chérissent leur continent d'origine et qui ne manquent pas une opportunité de raconter à leurs enfants sa magnificence, tu les oublies? Ah, ok, en fait pour toi, ça n'existe pas. Tu ne décris là qu'une facette, mon gars. Plusieurs autres que tu n'as sans doute pas voulu voir existent bel et bien. Un autre enfant recevant un tel avertissement de ces parents, en y changeant un peu la forme, comprendra que l'Afrique est, plutôt qu'un lieu de punition, bien au contraire un exemple d'éducation. Donc, franchement, c'est purement une question de point de vue.

Prenons cet autre exemple:
Quand on les amène dans un musée [ces mêmes enfants d'origine africaine], espace culturel par excellence, ils sont tout à fait en droit d'attendre quelque chose de valorisant. Et que leur montre-t-on? Des calebasses rafistolées et des tam-tams crevés qui pourraient faire le bonheur des anthropologues mais nullement celui des gamins de leur âge, de quelque origine qu'ils soient.
Non mais là Gaston, excuse-moi mais tu n'as rien compris. Donc tu veux dire qu'il faut enlever du musée ces antiquités africaines, soi-disant parce qu'elles ne sont pas valorisantes. Crois-moi pour parvenir à faire aimer à un groupe d'élèves de 12 ans quelconque exposition d'objets ou d'outils utilisés dans l'Europe du Moyen-Age, je peux te dire qu'il faut y aller. Au cas où c'est ce que tu pensais, ça n'a absolument rien à voir avec le fait que ces ojets soient d'origine africaine.

Bref, pure construction gratuite de clichés, surproduction de catégorisations enivrantes, dénotant un net complexe d'infériorité. L'obligation de subtilité et de nuance de l'écrivain penseur n'y est pas. Au regard du contenu, pour un bouquin soi-disant best-seller, c'est bien navrant.

Posté par Tchim à 00:07 - - Commentaires [3] - Permalien [#]