THE BLOG

30 janvier 2011

Evasion hellénistique

Portée sereinement dans un salubre élan
Humant une à une les caresses du vent
Allègrement, légèrement
Je pars à la quête du temps

Désireuse, je pars à l’assaut
De la terre première, de la terre berceau
Récolter parmi les jeunes arbrisseaux
De la civilisation les premiers soubresauts

Je parcours les rayons des musées
Admire l’éclat des monticules usés
Et par la magie des âges désabusé
Je bénis l’ancienne cité accusée

Au-delà des horizons mythiques
En haut des monuments infinis et antiques
Je cherche l’eau d’or, de jouvence mystique
Où ruissellent les légendes cosmiques

Puis je fouille, je fouine, déblaye
Les chemins des siècles, essaye
Quelques sentiers, quelques réponses, étaye
Les origines du miracle, ses merveilles

Je veux trouver sur cette longue route
Le carrefour du doute
Ce lieu au labyrinthe qui envoûte
Ce lieu où ma civilisation s’est dissoute

Tchi Mbouani

 

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29 janvier 2011

Mon Okonkwo

Mon Okonkwo
Ce soir, de longues guirlandes de pensées
Se couchent vers toi
Elles ne me quittent pas, elles tracent des trainées
D’amour pour me nouer à toi

Mon Okonkwo
J’ai les sens en douleur, en manque,
Mordus par les démangeaisons
Ton absence prolongée et sorcière
M’obstrue les pores de la raison

Mon Okonkwo
Dans cette pièce aux murs glacés
Mes ongles se crispent de ne pouvoir t’agripper
Dans les allées marchandes et fades
Mes paupières malades
Palpitent de ne pas te contempler

Mon Okonkwo
J’aimerais ce soir que mes mains recroquevillées
Se détendent lentement sur ton ventre doux
J’aimerais ce soir que mon nez excédé
Consomme la drogue de ton odeur d’acajou

Mon Okonkwo
Ce soir, mes oreilles en sanglots veulent écouter
La musique de ton téton qui bat
Ce soir, mes lèvres assoiffées veulent étancher
Leur envie dans ton cou de baobab

Mon Okonkwo
J’aimerais ce soir que mes hanches
Tendues et sensibles comme le tam-tam
Soient prises et comprises
Dans la vigueur de tes mains macadam

Mon Okonkwo
J’aimerais ce soir, mon Okonkwo,
Que ta peau, noire comme cette magie inconnue
S’allonge au côté du sourire larvé de mon cœur
Et épouse les vapeurs échappées de mon corps nu

Tchi Mbouani

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Il court

Il court avec hâte
Il court après les dates
Ecarlate, rouge tomate
Il court à grandes pattes

Il court après le temps
Il court dans les tourments
A contre vent, à contre-courant
Il court en s’aveuglant

Il court dans le noir
Il court dans l’isoloir
Sans savoir, sans histoire
Il court comme un bâtard

Il court à perdre haleine
Il court dans la migraine
Course malsaine, course chienne
Il court dedans ses veines

Il court dans l’angoisse
Il court dans la poisse
Ci crevasses, là impasses
Il court à perdre la face

Tchi Mbouani

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Célibat éperdu

Jeune, beau, riche
Cette femme à la chair incolore dont tu t’entiches
Qui est-elle ?

Gentil, doux, galant
Cette femme intangible qui pince ton cœur brulant
Que fait-elle ?

Humble, sensible, courageux
Cette femme invisible qui occupe tes songes marécageux
Où est-elle ?

Célibataire, seul, envieux
Cette femme inconnue qui la nuit t’emporte vers les cieux
Quand vient-elle ?

Douteux, hésitant, fuyant
Cette femme inaudible qui te rend si bruyant
Que dit-elle ?

Retardataire, négligent, crâneur
Cette femme indicible qui récite la prose de ton bonheur
Que n’a-t-elle ?

Pédant, immature, lâche
Cette femme ineffable que tu caches sans relâche
Quelle hérésie a-t-elle ?

Tourmenté, égaré, accablé
Cette femme vertueuse qui de balles de tendresse t’a criblé
Pourquoi n’est-elle que bagatelle ?

Tchi Mbouani

Posté par Tchim à 23:14 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

L'autre

Toi à la peau ombrée sous ton chapeau de noix
Toi qui m’électrises de ton obsession de voix

Toi qui me balaies de tes boucles blondes
Toi qui te vêtis de toutes ces fleurs fécondes

Toi qui es hors de moi, me mets hors de moi
Toi qui ne vois point ce que je vois

Toi qui dis ces mots qui ne sont miens
Toi dont je ne sais strictement rien

Comment te capturer ?
Comment te tournoyer ?

Pourquoi es-tu si loin ? Pourquoi es-tu si autre ?
Pourquoi suis-je si près, impuissant à dire « notre » ?

Tchi Mbouani

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L'accident

Des milliers de voitures, des centaines de cars
Longent rapidement d’impassibles passants
Des feux organisés ont l’attention des phares
Mais peinent à lever celle des clignotants

Les mobiles engins rusent les croisements
Et empruntent fort prompts l’entrée des boulevards
Dans les ruelles floues, sur les larges trottoirs
Manteaux et bonnets noirs créent des fourmillements

Les allées sont bondées et dans les hautes gares
Les gens agglutinées au côté des marchands
Les lumières renvoient la clarté des miroirs
La ponctualité se lit dans les cadrans

Des arrêts hoqueteux succèdent aux départs
Et chacun d’ignorer les maints vrombissements
Les chahuts d’écoliers irritent les vieillards
Pressés de condamner tous les adolescents

Chacun porte un passé dont écume une histoire
Celle qui les conduit à ce moment présent
Les destins indolents, les fragiles hasards
Ont tendu aux errants d’invisibles tournants

Des milliers de piétons, presqu’autant de chauffards
Et tout soudainement le fatal accident

Tchi Mbouani

Posté par Tchim à 23:06 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]