Mon Okonkwo
Ce soir, de longues guirlandes de pensées
Se couchent vers toi
Elles ne me quittent pas, elles tracent des trainées
D’amour pour me nouer à toi

Mon Okonkwo
J’ai les sens en douleur, en manque,
Mordus par les démangeaisons
Ton absence prolongée et sorcière
M’obstrue les pores de la raison

Mon Okonkwo
Dans cette pièce aux murs glacés
Mes ongles se crispent de ne pouvoir t’agripper
Dans les allées marchandes et fades
Mes paupières malades
Palpitent de ne pas te contempler

Mon Okonkwo
J’aimerais ce soir que mes mains recroquevillées
Se détendent lentement sur ton ventre doux
J’aimerais ce soir que mon nez excédé
Consomme la drogue de ton odeur d’acajou

Mon Okonkwo
Ce soir, mes oreilles en sanglots veulent écouter
La musique de ton téton qui bat
Ce soir, mes lèvres assoiffées veulent étancher
Leur envie dans ton cou de baobab

Mon Okonkwo
J’aimerais ce soir que mes hanches
Tendues et sensibles comme le tam-tam
Soient prises et comprises
Dans la vigueur de tes mains macadam

Mon Okonkwo
J’aimerais ce soir, mon Okonkwo,
Que ta peau, noire comme cette magie inconnue
S’allonge au côté du sourire larvé de mon cœur
Et épouse les vapeurs échappées de mon corps nu

Tchi Mbouani