Gustave Thibon, dans cette "fiction theâtrale" très agréable à lire, soulève une question essentielle. Il s'adresse plutôt aux croyants ( encore qu'elle interpelle tout le monde ). Je rappelle, pour ceux qui ne le connaissent pas, que Thibon était - décédé en 2001 - un philosophe monarchiste et catholique. Dans " Vous serez comme des dieux " , il prend acte et salue les progrès techniques, comme une victoire sur la nature. Toutefois, il s'interroge sur les limites de cette voie: peut-on indéfiniment se lancer dans une course au toujours mieux, toujours plus? N'y a t'il un point au delà duquel l'homme cesse d'être à sa place et concurrence Dieu? -  les croyants sont interpellés - . Il pose notamment, tout à fait clairement, la question suivante, censée, selon lui, départager les "hommes de l'avenir" et  les "hommes de l'éternité": " Si, du jour au lendemain, la science supprimait la mort, que penseriez-vous de ce "plan de Dieu sur l'histoire" qui perpétuerait indéfiniment la séparation entre l'homme et Dieu? Et surtout que choisiriez-vous? De profiter d'une découverte qui vous priverait pour jamais de la vision de celui que vous appelez votre Dieu ou bien de vous précipiter dans l'inconnue pour le rejoindre? "